« Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. »

Galates 6.2

En quoi portez les fardeaux les uns des autres nous fait accomplir la loi de Christ ? 

En grec, « Fardeaux » renvoie à « Baros » [bar’-os]. Baros c’est la lourdeur, l’accablement. Baros c’est le poids, la difficulté. Quelque chose qui devient pesant. C’est le même mot employé par les ouvriers de la première heure dans Matthieu 20.12. Et ils dirent : « Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons supporté la fatigue (baros) du jour et la chaleur ». Dans cette parabole, les premiers ouvriers se plaignent d’avoir reçu un salaire similaire à celui des derniers ouvriers après avoir travaillé toute une journée en supportant une fatigue semblable à un lourd fardeau, tandis que les autres n’ont travaillé qu’une heure. On imagine le poids, la difficulté de travailler sous une chaleur ardente le temps d’une journée. A la vigne, ça bosse dur. Le soleil qui brûle, la peau qui bronze, les yeux qui rougissent, le ventre qui gargouille, les ampoules qui font enfler les mains, la fatigue qui descend de la tête jusqu’aux genoux. 

Ce que les ouvriers de la première heure ont ressenti, c’est ce qu’une multitude ressent au quotidien. Ce n’est plus seulement le travail qui devient « baros », c’est la vie elle-même. Il y a quelques années, une amie à moi traversait une période de profonde dépression. Elle m’a alors avoué qu’à des moments, elle aurait voulu dormir trois jours d’affilées sans interruption. Elle culpabilisait de penser ainsi, de sombrer ainsi, elle, mère d’un enfant, avec à ses côtés son conjoint, à cette époque-là. Mais c’était plus fort qu’elle, sa vie était devenue « baros ». Le psychologue qu’elle avait consulté ne l’avait pas aidé. Les intimes à qui elle pouvait se confier semblaient se fatiguer de l’entendre se répéter, de la voir tourner en rond pour tenter de comprendre d’où lui venait cette dépression. Elle lui venait de loin, de très loin, de son enfance, de sa jeunesse, les choses remontaient à la surface jusqu’à la faire étouffer […]. 

Qu’en est-il de nous ? Combien de fardeaux portons-nous au quotidien ? Tellement nous en portons que nous ne nous soucions pas de ceux des autres. Et les autres ne se soucient pas des uns. Combien sommes-nous à considérer qu’il est essentiel de se soucier des autres même lorsque nous avons nous-mêmes des fardeaux à porter ? Combien sommes-nous à le faire réellement ? Peut-être nous disons-nous : « Il faut d’abord que je règle tous mes problèmes pour être en mesure de régler ceux des autres ». Ça, c’est la pensée de l’homme égoïste. Dieu, Lui, dit : « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. » C’est un cercle vertueux, à l’inverse du cercle vicieux dans lequel nous entraînent l’égoïsme et l’égocentrisme. 

Sois abondamment béni(e) !

Dimanche, 19 juillet 2026 — Feel M.

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