« Jusqu’à quand tendrez-vous des pièges avec vos paroles ? … Jusqu’à quand affligerez-vous mon âme et m’accablerez-vous de vos paroles ? »
Job 18.2 ; 19.2
Qui a raison ?
Une connaissance m’a dit que le plus important pour elle, dans une discussion, était tout simplement d’exprimer son opinion. C’était sa réponse à ma question de savoir quel but nous poursuivons lorsque nous nous engageons dans un débat. Et si nous débattions de la notion même de débat ? Qui ne débat pas ? Quel est le sujet qui ne fait pas l’objet de débats ? Tout et tous s’y prêtent. Le débat est une arène dans laquelle s’affrontent tous les « -ismes ». Ceux-ci se multiplient autant qu’il y a de personnes pour penser et de mouvements en marche. Mais un point commun les met sur le même pied d’égalité, un dénominateur commun les réunit : chacun veut avoir raison – en amour, en ménage, en politique, en droit, etc. Aucun terrain, aucun domaine n’est épargné, y compris ceux de la culture et de la religion. Même des goûts et des couleurs, on discute. Faire prévaloir son avis, son opinion, dès l’entrée en matière, est tout ce qui compte et tout ce qui motive à débattre. Le résultat est presque toujours le même : dialogues de sourds, incompréhensions mutuelles, chacun campant sur ses positions. Il y a pire encore : les débats peuvent dégénérer en véritables antagonismes, en un réel conflit.
Les paroles de notre texte de référence sont celles d’un homme durement éprouvé par la souffrance, Job, et de l’un de ses amis venus le consoler : Bildad. Même en pareille circonstance, un vif débat vint à les opposer quant aux causes de la souffrance et aux manières appropriées de consoler l’âme en détresse. Bildad, ainsi que deux autres amis, pensaient que Job devait avoir un cœur mauvais, en dépit des apparences, pour souffrir autant ; tandis que, pour Job, ses amis étaient sans cœur pour ne pas voir dans sa souffrance autre chose qu’une injustice. Chacun était persuadé d’être dans le vrai, jusqu’à ce que Dieu intervienne pour mettre fin à leur interminable débat. C’est précisément Dieu qui met en lumière la futilité de la plupart de nos discussions. Il en révèle et en condamne la cause : l’orgueil, qui nous rend si catégoriques, si prétentieux, si présomptueux, si suffisants, obstinés et bornés. C’est cet orgueil qui entretient l’inimitié entre Dieu et nous, ainsi que l’inimitié entre nous. Et c’est en Jésus qu’il prend fin, lorsque, à sa lumière, nous réalisons ce qui nous anime secrètement et ce que nous devrions vraiment rechercher : la gloire de Dieu, le salut, l’intérêt et l’édification des autres, plutôt que ce désir aveugle et irrépressible d’avoir raison.
« Que Dieu soit reconnu pour vrai, et tout homme pour menteur, selon qu’il est écrit : afin que tu sois reconnu juste dans tes paroles, et que tu triomphes lorsqu’on te juge. » Cette parole de Romains 3.4 est un excellent passage pour te rappeler combien tu t’es trompé, combien tu te trompes encore, et combien tu te tromperas toujours – et ainsi te sauver de toute prétention et te garder dans l’humilité parfaite de Celui qui, bien qu’ayant toujours raison, a consenti à faire le premier pas pour régler le différend aux enjeux éternels qui le dressait contre nous.
Sois abondamment béni(e) !
Mercredi, 27 mai 2026 — Freddy S.

