« Les filles de Tselophkad ont raison. Tu leur donneras en héritage une possession parmi les frères de leur père, et c’est à elles que tu feras passer l’héritage de leur père. »

Nombres 27.7

Un mari, fier et attendri, dit à sa femme :

  • « Chérie, tu sais, parmi toutes les femmes que j’ai connues, c’est toi que j’ai choisie. Nous sommes ensemble aujourd’hui parce que c’est toi qui a gagné mon cœur. »

La femme sourit doucement et lui répond :

  • « Mon pauvre… Ce n’est pas toi qui m’as choisie. C’est moi qui t’ai choisi avant que tu ne le saches. J’ai juste fait en sorte que tu aies l’impression que c’était ton idée. »

L’approbation que les filles de Tselophkad ont reçue de Dieu pour leur bel esprit d’initiative et l’audace de leur foi nous autorise à les célébrer. Elles ont défendu une cause juste et en sont sorties victorieuses. Désormais, toutes les filles d’Israël pouvaient recevoir l’héritage de leurs pères en l’absence de fils pour leur succéder. Leur requête, et la réponse favorable qu’elle suscita, fut une grande première. Elles ont marqué les esprits pour des générations entières de femmes. Ce n’est certainement pas un hasard que, des années plus tard, une fois le peuple entré dans la terre promise de Canaan, la fille de l’un des deux survivants de la génération de Tselophkad, Caleb, réitère à sa manière cet exploit. Avec ceci de particulièrement remarquable qu’elle avait, elle, des frères : « Comme elle se rendait chez lui, elle le sollicita pour demander un champ à son père. Elle descendit de son âne, et Caleb lui dit : Que veux-tu? Elle répondit: Accorde-moi une faveur ; puisque tu m’as donné une terre du midi, donne-moi aussi des sources d’eau. Et il lui donna les sources supérieures et les sources inférieures » (Josué 15.18-19).

Soyons tout de même prudents. Évitons d’exagérer l’importance des qualités humaines et d’attribuer à des femmes ou à des hommes la gloire qui ne revient qu’à Dieu seul. En réalité, comme nous l’avons déjà relevé, Dieu n’a pas été surpris par la demande des filles de Tselophkad. Il savait ce qu’elles allaient faire avant même qu’elles n’y pensent, n’en parlent ou ne passent à l’action. « Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, tu pénètres de loin ma pensée…Avant que la parole ne soit sur ma langue, voici, ô Éternel ! tu la connais entièrement » (Psaume 139.2-4). Ses lois, ses jugements, ses actions redoutables ont créé la situation nouvelle dans laquelle les filles de Tselophkad se sont retrouvées, comme le fruit mûr qui ne demandait qu’à être cueilli. Il a souverainement, mystérieusement et silencieusement tout orchestré pour mettre les femmes au bénéfice d’une nouvelle loi. « L’homme n’est pas maître de son chemin, ce n’est pas à l’homme, quand il marche, à diriger ses pas » (Jérémie 10.23).

En réalité, les filles de Tselophkad n’avaient pas imaginé toutes les implications de leur initiative, pas plus qu’elles n’avaient anticipé la rébellion de leur père et les conséquences que cela entraînerait pour elles sur le plan patrimonial. Nous en avons la preuve dans le texte lui-même : non seulement Dieu agréa leur demande, mais il en profita pour établir spontanément un principe d’héritage qui dépassait largement leur cas particulier, en fixant l’ordre de succession en Israël (Nombres 27.8-11). On pourrait tout aussi bien dire que Dieu n’attendait que cela, comme la femme qui met subtilement tout en œuvre pour que l’homme la choisisse librement pour épouse. Quelle leçon encourageante pour nous : nous pouvons nous aussi librement, sans nous borner à la prescience de Dieu, lui faire connaître nos besoins « par des prières et des supplications, avec des actions de grâces » (Philippiens 4.6), en sachant simplement que nous nous adressons « à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons… » (Éphésiens 3.20). 

Sois abondamment béni(e) !

Mardi, 14 octobre 2025 — Freddy S.

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