« Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon ; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! »

Ecclésiaste 4. 9-10

Nous connaissons bien le proverbe qui dit que « l’union fait la force ». En lisant ce verset d’Ecclésiaste, on retrouve cet encouragement à l’unité, à la complémentarité, comme dans le proverbe. Cependant, ce qui paraît moins évident, c’est l’enseignement sur l’orgueil que l’on peut en tirer. Où est-il caché ? Dans les chiffres. Soit on est « un » et donc « seul », soit on est au moins « deux » et donc « nombreux ». Et à chaque chiffre, est rattaché un résultat qui rend « deux » meilleur qu’« un ». D’ailleurs, ça paraît évident étant donné que deux est supérieur à un. Et pourtant, le choix ne semble pas toujours plié entre les deux. Pour cause ? L’orgueil. 

L’orgueil nous pousse à être « seul ». Quand on parle d’orgueil, on a à l’esprit ce sentiment exagéré de sa propre valeur, cette estime excessive de soi, qui porte à se mettre au-dessus des autres. Se dire qu’on est capable de s’en sortir tout seul, et le fait savoir, ça c’est le plus commun. Mais il y a aussi ce sentiment de dignité, de fierté légitime, et d’amour-propre qui est aussi de l’orgueil. Il nous pousse parfois à cacher notre besoin, parce qu’en le disant, on craint de passer pour faible alors qu’on veut se montrer fort. Alors on le nourrit, jour après jour. On le nourrit à se rappelant toutes les fois où on s’en est sorti seul, toutes les fois où on n’est pas tombé. On le nourrit en comptant tous les dons et talents dont nous disposons et auxquels les autres ne peuvent rien apporter de plus. On le nourrit en se remémorant toutes nos idées brillantes et toutes celles des autres qui ne nous ont pas toujours été très utiles. On le nourrit en se souvenant que c’est toujours nous qui allons au secours des autres et que l’inverse n’est ni faisable ni nécessaire. Plus il grandit, plus il devient une montagne insurmontable, et difficile de faire marche arrière. Alors, on est seul. Seul à avoir toujours aidé mais à ne jamais avoir besoin d’aide. Ça peut être de l’altruisme, mais ça devient de l’orgueil quand on sait qu’on a besoin d’aide et qu’on ne veut pas la demander. Pour distinguer les deux, il suffit de questionner nos raisons et nos motivations. 

Sois abondamment béni(e) !

Samedi, 07 mars 2026 — Feel M.

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