« Raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment il a eu pitié de toi. »
Jean 5.19
Donner sa vie à Jésus (III)
Dans la région de Gadara, sur le territoire de la Décapole – une confédération de dix villes gréco-romaines situées à l’est du Jourdain – on ne parle plus que de deux hommes. Le premier, un natif, autrefois atteint d’un esprit dérangé. Il était particulièrement sinistre et inquiétant, avec des discours, des faits et gestes pour le moins irrationnels. On croyait avoir affaire à un fou à lier, jusqu’à ce qu’on tente effectivement de lui passer des fers aux pieds et de le lier de chaînes. Il était parvenu à les rompre avec une force surhumaine, ce qui plongea tous les habitants dans la plus grande stupéfaction, au point qu’aucun courageux n’osait l’affronter à bras-le-corps.
Il y avait dans sa voix quelque chose d’inhabituel, comme si elle n’était pas la sienne. Cet homme ne restait jamais en place. Quand il ne hantait pas des lieux lugubres comme les cimetières, il montait et descendait les montagnes sans relâche et sans but. On l’entendait parfois hurler de façon effroyable. Au cours de certaines réapparitions, on découvrait dans sa main une pierre, et sur son corps, de nouvelles automutilations. C’était d’autant plus visible qu’il ne portait plus de vêtements. La démence seule ne suffisait pas à expliquer son état. Tout en lui trahissait la présence d’entités surnaturelles. C’était un homme possédé.
Puis un jour arriva : à la stupéfaction de tous, cet homme, comme par enchantement, était revenu à son bon sens. Il s’exprimait avec clarté. Son visage rayonnait d’une sérénité déroutante, autant que ce vêtement qu’il gardait sur lui sans jamais tenter de l’enlever. Plus surprenant encore, les seules traces de violence qui demeuraient étaient les anciennes blessures qu’il s’était infligées lui-même.
Lui qui vivait dans l’isolement allait désormais à la rencontre des gens, leur parlant volontiers. Jadis objet de crainte et de rejet, il n’en gardait ni honte ni amertume, convaincu que son passé ne tenait plus lieu d’identité, il ne se laissait plus définir par ce passé sulfureux. Et s’il criait, ce n’était plus d’une manière hystérique : c’était pour raconter ce qui lui était arrivé de plus extraordinaire encore que sa possession.
Il avait fait la rencontre d’un homme, le second dont on parlait désormais à Gadara : un Galiléen nommé Jésus. Ce dernier avait transformé sa vie. Il l’avait délivré et sauvé. Plus de voix dans sa tête, plus de coupures sur la peau. Une nouvelle vie commençait, loin des montagnes et des tombes.
Il avait souhaité suivre son Bienfaiteur partout, au-delà de sa terre natale. C’est ainsi qu’il envisagea d’abord de Lui consacrer toute sa vie. Mais Jésus lui demanda de s’y employer autrement : « Retourne dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment il a eu pitié de toi. » « Il s’en alla et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui ; et tous furent dans l’étonnement. » (Marc 5.19–20). Vous l’avez compris. Nous avons là une illustration parmi tant d’autres dans la Bible, d’un homme qui, en réponse à la miséricorde divine, a donné sa vie à Jésus dans le sens où il l’a mise au service de la propagation de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Ce n’est pas une vie donnée en échange d’une autre d’égale valeur. C’est une vie nouvelle reçue gratuitement en rupture avec la précédente. C’est une vie désormais centrée sur Jésus, une vie dont Il est la cause ultime. Ce Gadarénien n’avait rien à offrir à Jésus. Et pourtant, quel bien Jésus lui a fait ! Quel impact cela a eu sur lui ! Si nous désirons, à proprement parler, donner nos vies à Jésus, c’est aussi en reconnaissance de tout ce qu’Il a accompli pour nous. C’est en publiant la Bonne Nouvelle du salut et de la délivrance qui nous ont été accordés par Lui.
Oui tout compte fait, tu peux donner ta vie à Jésus. Bien plus, tu le dois. Tu la lui dois. « Retourne dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait et comment il a eu pitié de toi. » Serait-ce trop te demander ? N’est ce pas la gratitude la plus élémentaire, la plus naturelle de consacrer sa vie à parler de Celui qui l’a sauvée ?
(À suivre…)
Sois abondamment béni(e) !
Jeudi, 05 juin 2025 — Freddy S.

