« Et que dire, si Dieu, voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases de colère formés pour la perdition. »

Romains 9.22

À l’époque de l’auteur de notre texte, il n’y avait pas encore toutes les gammes de vase que nous connaissons aujourd’hui : en faïence, en porcelaine ou céramique, en verre, en cristal. Dans la culture gréco-romaine dont il ne faisait pas partie mais qu’il connaissait et comprenait bien, les vases d’or et d’argent existaient bel et bien dans les grandes demeures romaines, souvent celles de familles aisées (2 Timothée 2.20-21). Il s’agissait des vases de table, de coupes pour les banquets, d’objets de culte domestique. Ils n’étaient pas du tout courants chez les gens simples ou dans les villages palestiniens plus accoutumés aux vases de terre (argile). « Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur et un vase d’un usage vil ? » (Romains 9.21). Et c’est l’image de tels vases que Paul emploie dans notre texte du jour pour parler de nous, selon les deux catégories auxquels nous pouvons appartenir : des vases de colère ou des vases de miséricorde. 

Examinons maintenant le travail de poterie. D’après Jérémie 8.1-6 : « Je (Jérémie) descendis dans la maison du potier, et voici, il travaillait sur un tour. Le vase qu’il faisait ne réussit pas, comme il arrive à l’argile dans la main du potier ; il en refit un autre vase, tel qu’il trouva bon de le faire. Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots : Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d’Israël ? dit l’Éternel. Voici, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, maison d’Israël. » Nous apprenons que des défauts de fabrication peuvent survenir et saper le travail du potier, obligé de le reprendre. Notons un détail, le potier lui fait le vase et il veut faire un bon vase. Malheureusement c’est le vase qui « ne réussit pas ». Le défaut n’est pas dans le potier mais dans le vase entre ses mains. Pour revenir à nous, le défaut de fabrication c’est notre péché. Et il se trouve dans notre nature, non celle de Dieu. Il survient précisément dans notre rapport avec Lui. Dire : « Y a-t-il en Dieu de l’injustice ?… Pourquoi blâme-t-il encore ? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté ? » (Romains 9.14,19), c’est élever inutilement une contestation qui prouve bien un défaut de fabrication inhérent à notre nature rebelle. « O homme, toi plutôt, qui es-tu pour contester avec Dieu ? » (Romains 9.20). 

Cette contestation dans le cœur et sur les lèvres est typique des vases de colère. Elle se développe par leur style et perspective de vie. Entre les mains de Dieu ce ne sont pas les plus dociles qui soient. C’est l’une des choses qu’il faut retenir. Si un vase est un vase de colère, il est le seul à blâmer. Quel est son blâme précisément d’après Romain 9.22 ? L’affront d’éprouver à l’extrême par le péché, l’impénitence et une rébellion assumée, la patience de Dieu, tout en rejetant sa miséricorde. Il atteste ainsi contre lui-même que s’il existe, si Dieu l’a créé, formé, fait, c’est pour la colère à venir. Il n’est finalement bon qu’à faire connaître la puissance de Dieu de la pire des manières qui soit pour l’homme : par la colère. Ne soyons pas ce type de vase. Puisque nous pouvons choisir, choisissons la miséricorde pendant qu’il est encore temps. Si nous faisons le mauvais choix et nous retranchons derrière de faux raisonnements pour nous en excuser, nous finirons bien par servir à quelque chose entre les mains de Dieu. Notre existence aura bel et bien un sens. Nous lui donnerons la gloire qui Lui revient. Mais ce sera pour notre plus grand malheur. 

Sois abondamment béni(e) !

Mardi, 16 décembre 2025 —Freddy S.

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