« Une autre partie tomba parmi les épines : les épines montèrent, et l’étouffèrent. »
Matthieu 13.7
Les soucis épineux
Je me rappelle mes années à la fac, particulièrement les veillées et moments de prière dans l’église qui m’a vu grandir dans la foi, la connaissance de Dieu et la communion avec d’autres croyants. Pendant ces veillées, on songeait à prier pour la Mission, l’évangélisation, le salut, la croissance spirituelle, la paix avec Dieu et entre les hommes. Il y avait des sujets de prière plus personnels mais rarement détachables des premiers. Il semble que certains programmes de prière et cultes spéciaux, qui ont aujourd’hui pignon sur rue à travers les affiches et pancartes publicitaires, ont d’autres priorités. À l’ordre du jour, délivrance du chômage, du célibat, de la pauvreté, etc. On enchaîne parfois les soirées, les veillées et on prie intensément à ce sujet. À priori il n’y a rien de mal à ça. Il est bon de prier. Il est encore mieux de prier avec ferveur et persévérance. « Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5.17). Seulement, Jésus nous met en garde contre une dérive : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne leur ressemblez pas ; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez. Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié… ; » (Matthieu 6.7-9).
Le besoin de stabilité dans un foyer, de maternité ou de paternité, de travailler, de faire réussir un projet, est certes moins élémentaire que celui de manger et de se vêtir, mais reste comme ce dernier légitime. Jésus nous dit néanmoins que pour tout ça, être volubile au cours d’une séance de prière est inutile parce que Dieu est parfaitement au courant de la situation. Nous entrevoyons par ses paroles ce qu’est la foi. Elle se fonde sur Dieu, sa Parole, sa nature, ses attributs. Elle est convaincue qu’Il sait ce dont nous avons réellement besoin et qu’Il le sait même à l’avance. On fait l’économie des détails quand on parle à quelqu’un d’un problème qu’Il sait déjà, même s’il arrive qu’on y revienne quelques fois, à plus forte raison à Dieu. Jésus nous apprend aussi que le païen, celui qui ne connaît pas vraiment Dieu, est étranger à la foi, nous prévenant ainsi du risque de lui ressembler si notre besoin nous obsède. Il y a plus grave. Le Seigneur dans la parabole dite du Semeur aborde l’image d’une terre ensemencée mais impropre à la germination parce que truffée de ronces et d’épines. Il en donne l’explication suivante : « Celui qui a reçu la semence parmi les épines, c’est celui qui entend la parole, mais en qui les soucis du siècle … étouffent cette parole, et la rendent infructueuse. » (Matthieu 13.22).
Que savons-nous de la parole, celle de Jésus ? « Jésus commença à prêcher, et à dire : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matthieu 4.17). Telle est la Parole par laquelle Jésus a publiquement ouvert son ministère. Il prêchait l’Évangile de Dieu. « Le temps est accompli, et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle ». (Marc 1.15). Quelle était cette bonne nouvelle ? Grâce à Jésus, le pardon des péchés, le salut et la vie éternelle sont désormais gratuitement offerts par Dieu à tous ceux qui se repentent de leurs péchés et croient, comme en témoignent les quatre Évangiles. La Parole est encore pour nous aujourd’hui.
À quand remonte la dernière fois que nous avons entendu cette parole, « l’Évangile de Dieu » (Marc 1.14) ? À quand remonte la dernière fois que nous avons prié pour voir le salut et le règne annoncés dans cet Évangile, que nous avons dit à son Auteur « que ton règne vienne; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » en pensant vraiment à chaque mot (Matthieu 6.10) ? À quel point son Évangile a-t-il pénétré nos cœurs ? Combien d’heures et de prières dédions-nous à l’adoration du Dieu de notre salut, à son royaume, à sa justice, aux choses qui Le concernent, à l’espérance de sa gloire à venir plutôt qu’à nos besoins personnels et temporels ? Prenons garde aux menaces qui pèsent sur l’accueil que nous faisons à la Parole de Dieu dans nos cœurs. Il s’agit quelquefois de besoins légitimes qui accaparent tellement notre attention qu’ils ne deviennent plus que « soucis du siècle …» (Matthieu 13.22).
Tu peux te débarrasser des ronces et des épines qui envahissent ton cœur en te déchargeant sur Dieu de tes soucis et en Lui faisant simplement connaître ton besoin. Tu sauras que tu l’auras vraiment fait quand tes prières seront davantage axées sur Dieu plutôt que sur toi. Tu découvriras la paix promise par Dieu dans ce cas, la paix qui surpasse toute intelligence et qui garde les cœurs et les pensées en Jésus-Christ (Philippiens 4.7).
Sois béni(e) abondamment !
Vendredi, 18 avril 2025 — Freddy S.

