« De mes lèvres j’énumère toutes les sentences de ta bouche… » ; « Tu es cet homme-là ! »

Psaumes 119.13 ; 2 Samuel 12.7

Faites le tour de toutes les personnes qui vous en veulent, vous détestent, vous blessent, vous méprisent ou tout simplement ne vous apprécient pas ! Imaginez-les sous le coup d’une punition divine ! Imaginez-les en train d’essuyer des revers et de subir toutes sortes de malheurs ! Imaginez-les couverts de honte, réduits au regret et à la misère, payant pour le mal qu’elles vous ont fait ! Cette projection vient-elle avec une sorte d’exultation difficile à dissimuler ? Ou cela vous soulagerait-il sans la moindre gêne ? Imaginez maintenant que vous fassiez partie d’une liste noire et que ceux qui l’ont dressée conçoivent pour vous le même sort en espérant que ce soit aussi ce que Dieu vous réserve. Y aurait-il, selon vous, quelques chances que cela se produise ? Quasiment aucune, si ce n’est aucune, n’est-ce pas ? Pourquoi subiriez-vous un tel sort ? Pourquoi le subirions-nous puisque nous sommes généralement du bon côté de la ligne, dans le camp des gentils ? La justice de Dieu ne sera-t-elle pas toujours forcément en notre faveur ?

Notre bon roi David et psalmiste du jour n’a pas pensé autrement. Étant l’homme selon le cœur de Dieu (1 Samuel 13.14), il n’a pas vu comment la justice de Dieu, sous la bannière de laquelle il s’était réfugié tant et tant de fois, pouvait se retourner contre lui lorsqu’il y a été confronté sans le savoir. Cela s’explique par la rhétorique remarquable et subtile employée par l’homme envoyé par Dieu à cet effet : le prophète Nathan. Il lui fit un récit que l’on pourrait résumer ainsi : Dans une ville, un homme riche possédait de nombreux troupeaux, tandis qu’un homme pauvre n’avait qu’une petite brebis qu’il aimait comme une fille. Lorsque le riche reçut un invité, au lieu de prendre une de ses propres bêtes, il prit la brebis du pauvre pour préparer le repas (2 Samuel 12.1-4). À peine eut-il achevé d’écouter le récit que le roi, dans une réaction aussi spontanée qu’indignée, porta un jugement sans appel : « La colère de David s`enflamma violemment contre cet homme, et il dit à Nathan : L’Éternel est vivant ! L`homme qui a fait cela mérite la mort » (2 Samuel 12.5). La réponse du prophète ne se fit pas attendre : « Tu es cet homme-là ! » (2 Samuel 12.7). Oui, le grand roi David, le vainqueur de Goliath, oint et bien-aimé de Dieu, élevé par Lui au-dessus de son peuple et de ses ennemis, avait eu une liaison secrète avec la femme d’un autre et avait fait tuer ce dernier pour couvrir sa faute.

Aurions-nous donné à David une autre sentence que celle qu’il s’est empressé de prononcer lui-même contre un autre : « L’homme qui a fait cela mérite la mort » ? Aujourd’hui, où nous placerions-nous par rapport à David ? Probablement à l’opposé. Nous mettrions avec lui toutes les personnes jugées par Dieu ou par les hommes dans l’histoire : Caïn, Pharaon, Hérode, Judas, Caligula, Mussolini, Goebbels, etc. Nous y mettrions aussi nos ennemis : un employeur difficile, un voisin peu accommodant, un traître d’ami, etc. Pourtant, la Bible dit du mal qui nous révulse chez les autres qu’il existe également en nous. Nous le pratiquons tous naturellement : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3.23) « Le salaire du péché, c’est la mort. » (Romains 6.23) Comme David, nous pourrions nous entendre dire : « Tu es cet homme-là ! », celui-là même que tu veux voir tomber sous le coup du jugement de Dieu. Heureusement, Dieu, plein de miséricorde, a épargné David lorsque celui-ci s’est immédiatement repenti de son crime découvert : « J’ai péché contre l’Éternel ! » Et Nathan dit à David : « L`Éternel pardonne ton péché, tu ne mourras point. » (2 Samuel 12.13).

C’est exactement ce que Dieu nous dit à travers Jésus-Christ lorsque nous avouons, nous aussi, notre culpabilité. Il nous parle non de la mort physique, mais de la mort éternelle.

Enfin, Dieu, en faisant miséricorde à David, ne lui a pas épargné les conséquences de son péché : « L’épée ne s’éloignera jamais de ta maison, parce que tu m’as méprisé et parce que tu as pris la femme d’Urie, le Héthien, pour en faire ta femme. » (2 Samuel 12.9). Ce même David, dans l’énumération qu’il a faite pour lui de « toutes les sentences de la bouche de Dieu », a compté même celles qui ont été prononcées contre lui, comme en témoigne sa prière de repentance dans le Psaume 51 : « J’ai péché contre toi seul, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux, en sorte que tu seras juste dans ta sentence, sans reproche dans ton jugement. » (Psaumes 51.6)

Sois béni(e) abondamment !

Mardi, 04 mars 2025 — Freddy S.

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