« Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence. »

Job 38.4

Nous avons vu une des questions les plus insolubles pour nous, posée par Dieu Lui-même, histoire de voir qui pourrait tenter un face-à-face avec Lui. Où étions-nous à l’origine, quand la terre fut créée ? Malgré l’embarras et le trouble dans lesquels cette question nous met, on pourrait répondre de manière brouillonne : « nulle part, nous n’existions pas » sauf si on est un adepte de la réincarnation bouddhiste. Ce serait mal connaître Dieu car cette question va bien plus loin qu’on ne le pense. Environ 1200 ou 1400 ans après Job à qui la question avait été adressée, Dieu va se révéler à un enfant : Jérémie, issue d’une famille sacerdotale, originaire d’Anathoth, dans le pays de Benjamin en Israël. Il va lui confier la mission de porte-parole, apparemment prématurée pour son âge, selon ce qu’en dit lui-même le concerné. « Je répondis : Ah ! Seigneur Éternel ! voici, je ne sais point parler, car je suis un enfant. » (Jérémie 1.6). Dieu Lui retire cette excuse en même temps qu’Il lui prodigue un encouragement : « Et l’Éternel me dit: Ne dis pas: Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. Ne les crains point, car je suis avec toi pour te délivrer, dit l’Éternel. » (Jérémie 1.7-8). Quel est le rapport avec la grande question du jour ? Pour le découvrir, il faut remonter jusqu’au verset 5. Dieu y fait une déclaration des plus étranges, des plus surprenantes. Comme la question qui a désarçonné Job, il s’agit de la toute première parole par laquelle Dieu entame la conversation avec Jérémie : « Avant que je t’eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais, et avant que tu fusses sorti de son sein, je t’avais consacré, je t’avais établi prophète des nations. » (Jérémie 1.5). 

Il y a comme une ironie, offrir sans effort à un enfant la réponse à une question qu’Il avait posée des millénaires plus tôt à un patriarche incapable d’y répondre. « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants », s’est écrié Jésus (Matthieu 11.25). Oui Dieu a choisi de révéler à un enfant la réponse à un des plus grands mystères de l’existence. Et ce n’est pas le seul point qui soit stupéfiant. La révélation elle-même laisse tout aussi pantois. Elle est à la hauteur de la question posée. Nous l’avons à travers Jérémie mais franchement qui de nous peut en sonder la profondeur ? Dieu qui nous connaît avant notre conception, qui nous met à part et nous destine à une vocation avant même que nous ne naissions, c’est une science trop élevée pour nous. 

Comme les vérités bibliques en général, le but de cette révélation n’est pas de nous conforter dans notre logique mais de nous pousser à la foi et à la soumission à un Dieu en dehors du temps et de la matière, un Dieu qui sait tout de nous, un Dieu dans la pensée duquel nous existions avant même d’être créés corps et esprit. Notre existence n’est pas seulement voulue. Elle a été planifiée. Jérémie a traversé des moments affreusement difficiles. Ses épreuves n’étaient pas semblables à celles de Job mais elles n’en étaient pas moins intenses ni moins profondes dans la souffrance qu’elles lui ont infligée. Néanmoins, le prophète avait la garantie qu’il était dans la main souveraine et bienveillante du Seigneur de l’univers qui contrôlait et veillait parfaitement sur chaque détail de sa vie. Bien évidemment, lui aussi a connu le doute. « Tu m’as persuadé, Éternel, et je me suis laissé persuader ; tu m’as saisi, tu m’as vaincu. Et je suis chaque jour un objet de raillerie, tout le monde se moque de moi. […] Je disais : « Je ne ferai plus mention de lui, je ne parlerai plus en son nom » (Jérémie 20.7,9). Mais le Dieu tout puissant qui dans sa prescience savait ce que son serviteur allait endurer dans l’accomplissement de sa mission, avait également planifié l’aide, l’assistance, les ressources dont il aurait besoin. Ce dernier a pu dire avant même de voir sa délivrance finale : « il y a dans mon cœur comme un feu brûlant, retenu dans mes os. Je m’efforce de le contenir, et je ne le puis » (V.9). Soyons-nous aussi encouragés par la puissance avec laquelle Dieu est encore capable aujourd’hui en Christ de conduire et de fortifier, malgré les difficultés de l’existence, ceux qu’Il a connus d’avance et consacrés à son service. Où étions-nous avant ces difficultés, avant notre venue dans le monde, avant que celui-ci fut créé ? Dans la pensée du Dieu d’amour qui a toujours eu pour nous, en son Fils Jésus, des projets de bonheur et de paix, au-delà de nos épreuves et de notre vie sur terre. 

Sois abondamment béni(e) !

Vendredi, 23 mai 2025 — Freddy S.

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