« Ayant levé les yeux, et voyant qu’une grande foule venait à lui, Jésus dit à Philippe : Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? […]. Philippe lui répondit : Les pains qu’on aurait pour deux cents deniers ne suffiraient pas pour que chacun en reçût un peu. Un de ses disciples, André, frère de Simon Pierre, lui dit : Il y a ici un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons; mais qu’est-ce que cela pour tant de gens ? Jésus dit : Faites-les asseoir. […] »
Jean 6.5-10
Réponses imprévisibles (3)
Les dialogues des histoires que nous lisons dans les Évangiles sont parsemés de réponses imprévisibles de Jésus. […] Après avoir fait naître la foi en Lui chez l’homme de Béthesda, entre deux, vient cet épisode des pains et des poissons, avant la marche sur la mer. Ici, Jésus voit une grande foule venir à Lui. Leurs motivations sont connues : les miracles (v1-4). Les foules en quête permanente de miracles, c’est un fait qui ne date pas d’aujourd’hui. Jésus le sait. Mais il ne s’y attarde pas. Il voit bien la faim comme un besoin réel de cette foule. Même si elle est venue réclamer sa part de miracles et entendre ses paroles, n’en demeure pas moins qu’elle est affamée au sens propre du terme. C’est vrai, la foule ne lui a rien demandé de tel, mais Jésus s’en préoccupe. Il se tourne vers Philippe et le questionne : « Où achèterons-nous des pains, pour que ces gens aient à manger ? »
Dans sa réponse, Philippe souligne la petitesse de la bourse, tandis qu’André intervient pour faire remarquer la grandeur du nombre de personnes malgré le peu disponible (cinq pains et deux poissons), comme si leur maître n’avait finalement pas bien analysé la situation. Il était bon de lui faire un point de ce qu’il voyait. C’est la pensée humaine.
Si on veut faire les « spirituels donneurs de leçons », on peut se demander pourquoi les disciples, avec tout ce qu’ils avaient vécu avec Jésus et observé de lui, ne réalisaient pas ce qu’il était capable de faire. Et pourtant, n’est-ce pas ce que nous faisons au quotidien ? Expliquer à Dieu ce qu’il sait de bout en bout ? N’oublions pas que les disciples n’avaient pas encore l’intelligence renouvelée par le Saint-Esprit même s’ils marchaient aux côtés du Messie. Pour s’élever au-dessus de leur réalité humaine et compréhension naturelle des choses, ils avaient besoin de l’Esprit de Dieu. Pour envisager l’inenvisageable, il fallait que cela leur soit révélé par l’Esprit. Surtout que Jésus faisait des choses extraordinaires mais à chaque fois différentes.
Même si Jésus était habitué à guérir, chaque guérison, de par son procédé, restait particulière. Idem pour les délivrances, pour les miracles de la nature, pour les résurrections. Jésus ne pouvait pas être anticipé. Chacune de ses œuvres devait révéler chaque jour un peu plus son identité. C’est pour cela qu’une fois encore, le Seigneur ne s’attarda pas sur leurs réponses, lui qui voulait les éprouver. Il ne les blâma pas non plus. Cette fois-ci, sa cible primaire, c’était la foule. « Faites-les asseoir », dit-il. Jésus rendit grâce, et la multiplication eut lieu (v. 11-13). Venue auparavant pour d’autres types de miracles, et témoin de ce miracle différent de ce qu’ils avaient vu jusqu’ici, la foule crut en lui (v.14).
Est-ce à dire qu’avant, elle ne croyait pas en lui comme « prophète qui devait venir dans le monde » ? Et ce malgré les miracles dont elle avait entendu parler ou vécu ? Possible ! Ici, il ne s’agissait pas de foi mal placée à recentrer, ni de foi bien placée à fortifier, mais de foi véritable à susciter, cette fois-ci pour ce qu’Il était et non pas pour ce qu’il faisait.
Jésus agit avec bonté envers toi, pas toujours parce que tu as la foi, mais pour susciter une foi véritable, celle qui conduit à la vie éternelle. Crois-le pour tourner définitivement ton cœur vers Lui, afin de le chercher avant tout pour ce qu’il est et non pas pour ce qu’il te donne.
Sois abondamment béni(e) !
Samedi, 06 juin 2026 — Feel M.

