« Ta magnificence est descendue dans le séjour des morts, avec le son de tes harpes ; sous toi est une couche de vers, et les vers sont ta couverture. Tous prendront la parole pour te dire : “Toi aussi, tu es sans force comme nous, tu es devenu semblable à nous. »
Ésaïe 14.10–11
Ce n’est qu’un homme (III)
« C’est en moi seul que réside le pouvoir souverain… L’ordre public tout entier émane de moi. » Ces paroles ont été prononcées par le roi Louis XIV, le roi « soleil » de France, alors âgé d’à peine 16 ans. Louis XIV croyait à l’absolutisme royal. Il a régné en monarque absolu pendant 76 ans. Il est mort des suites d’une gangrène causée par une infection à la jambe, probablement due à une artériosclérose (durcissement des artères), maladie fréquente chez les personnes âgées. La gangrène s’est développée lentement et douloureusement, sans traitement efficace à l’époque. Avant de mourir, il aurait dit à son neveu, Philippe d’Orléans : « Je m’en vais, mais l’État demeurera toujours. » L’ordre public, le pouvoir souverain lui ont survécu. Ce prétendu roi absolu de droit divin dont le règne a été marqué entre autres par le rayonnement culturel, l’autoritarisme, une politique religieuse controversée et de nombreuses guerres, n’était finalement qu’un homme. Avant lui, le monde a vu s’élever des monarques encore plus puissants, dont la fin n’a été rien d’autre que l’abaissement de simples êtres humains. Ésaïe 14 parle en particulier d’un d’eux comme d’un tyran, méchant et dominateur (V.3-4), qui exerçait sur des nations, des peuples, un pouvoir total, permanent, inflexible, brutal et impitoyable (V.6), mais dont la chute a été vertigineuse, à la satisfaction d’une terre soulagée de ne plus avoir à subir les affres d’un tel pouvoir (V.7-8).
Que Dieu laisse les hommes se surestimer et exercer sur leurs semblables un pouvoir qui dans leur méchanceté et leur orgueil les aveugle au point de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas : “des dieux”, nous rend parfois perplexes. Il a ses raisons que notre raison ignore. Cependant, Il ne nous a pas laissés dans un flou total et désemparant. Jésus a dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » (Matthieu 10.28). C’est donc que le maximum qu’un homme puisse faire de mal, aux yeux du Seigneur, c’est de porter atteinte à l’intégrité corporelle. Le pouvoir destructeur de l’homme est limité à ce qui est matériel, physique et temporel. Même dans ce cadre, il ne s’étend pas à volonté, dans toute la mesure du possible. Quelqu’un a dit que Hitler dont on peut aussi dire qu’il « frappait les peuples, » « dans sa fureur », « par des coups sans relâche, dans sa colère subjuguait les nations » (Ésaïe 14.5-6), aurait fait bien pire si Dieu dans sa grâce ne l’avait pas arrêté. Dieu a brisé son bâton de méchant, sa verge de dominateur (V.5). Le tyran et sa horde de partisans fanatiques ont été poursuivis sans ménagement jusqu’au suicide et à la condamnation à mort (V.6).
Notons aussi que même s’ils n’ont pas tous été tragiquement arrachés de la terre des vivants, certains ont connu le poids de la vieillesse et ou de la maladie. Voyez-les prendre de l’âge comme tout homme et s’entourer de médecins et de soins parce qu’ils ont un corps sujet à la souffrance ! Le temps avec le méchant peut nous sembler quelquefois long et insupportable, mais pas à Dieu devant qui « un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. » (2 Pierre 3.8).
Le méchant veut vivre plus longtemps. Il s’accroche désespérément à la vie et au pouvoir tant qu’il le peut. Il en a une faim insatiable et ne s’en satisfait jamais pleinement. Ses désirs sont plus grands que lui. Enfin, il s’abuse lui-même en refusant d’admettre l’inéluctable : il perdra en définitive tous ses moyens. Dieu a dit à un pharaon d’Égypte : « Si j’avais étendu ma main, et que je t’eusse frappé par la mortalité, toi et ton peuple, tu aurais disparu de la terre. Mais, je t’ai laissé subsister, afin que tu voies ma puissance, et que l’on publie mon nom par toute la terre. » (Exode 9.15-16). Remarquons une chose : Derrière le monarque, il y avait un peuple – comme derrière tout pouvoir politique se trouvent un soutien populaire, une armée loyale, des militants dévoués et zélés. Et pourtant, rien n’est plus facile pour Dieu que de les renverser. Mais Il choisit parfois de montrer l’abîme qui sépare la tyrannie des hommes de sa propre puissance.
La Bible révèle par ailleurs que, derrière ce qui peut sembler être de la permissivité divine, se cache en réalité sa volonté de sauver, même le premier des pécheurs. « Ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, dit le Seigneur, l’Éternel. Ce que je désire, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. » (Ézéchiel 18.23). Nous avons les exemples d’une telle rédemption dans la Bible et dans l’histoire, car là où nous voyons des surhommes, Dieu ne voit que des hommes ordinaires.
Lorsque la révolte gronde en toi face à la méchanceté, souviens-toi que tu n’es pas seul(e). Mais rappelle-toi aussi qu’il n’appartient qu’à Dieu de juger ou de sauver. Lui faire confiance, c’est reconnaître notre condition humaine et nous en remettre à Lui pour décider de l’issue de toutes choses – y compris du pouvoir des hommes. Il ne s’agit pas seulement de la fin terrestre, mais du jugement éternel.
Sois abondamment béni(e) !
Mercredi, 28 mai 2025 — Freddy S.

