« Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié »

Matthieu 6.9

Qui est celui qui ayant reçu une éducation chrétienne, ou fréquenté une église, ou tout simplement grandi dans un milieu christianisé, ignore la fameuse prière enseignée par le Seigneur Lui-même ? Nous connaissons et répétons par cœur chaque articulation, chaque ligne, chaque mot du « Pater Noster ». Et si nous y réfléchissons plus sérieusement en profondeur ? Qu’a voulu nous enseigner notre bien aimé Sauveur et Maître ? Une formule, un mantra à répéter machinalement, comme une pièce de monnaie qu’on mettrait dans une arcade de jeu pour obtenir tout ce que nous désirons de Dieu, ou comme la lampe d’Aladin qu’il nous suffirait de frotter pour invoquer le divin génie toujours prêt à exaucer nos vœux ? Non ! Ce n’est certainement pas le cas ! Mais qu’est ce alors ? C’est sans doute la meilleure façon dont nous pourrions parler à Dieu, la meilleure façon de faire parler un cœur qui bat pour Lui, la meilleure façon de toucher son cœur à Lui ! 

Prenons les deux premiers mots : « Notre Père ». J’avais l’habitude de m’adresser à Dieu sous les titres honorifiques les plus grands mais également parmi les plus courants « Seigneur », « Dieu tout-puissant », « Éternel ». Quelle forte impression cela me fit-il d’entendre pour la première fois un frère et prédicateur américain prier en appelant Dieu « Father » (Père) ! J’ai réalisé : ce grand Dieu, Souverain de l’univers, d’une sagesse et d’une puissance infinie, d’une totale sainteté, était devenu mon Père. Il n’était plus ce Dieu éloigné qui me terrifiait et dont mes péchés me séparaient. C’est ce que Jésus a bel et bien voulu transmettre par les deux premiers mots de sa prière. Il est à noter que pour les juifs de son époque, c’était inédit. On pouvait songer à Dieu comme le Créateur propriétaire de toutes choses, le Législateur, le Juge Suprême, le Roi, la seule et unique divinité, le Saint, mais pas en tant que Père, d’autant plus que le mot employé pour ça est encore plus intime « Abba » [אבא]. C’est à peu près l’équivalent du mot « papa » dans la bouche d’un enfant aimant, respectueux et admiratif de son père. Jésus innove et fait comprendre l’insigne honneur accordé à celui qui s’approche ainsi de Dieu : le privilège d’être enfant de Dieu. «  Et parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, lequel crie : Abba ! Père ! » (Galates 4.6). 

Et comment ce privilège est-il octroyé ? Suffit-il de dire le « Notre Père » ? Non ! Bien sûr que non ! Si tel était le cas, tous ne feraient pas que réciter froidement cette prière. Nous nous en délecterions sans exception. Chaque mot vaudrait son pesant d’or à commencer par cette touchante appellation de Dieu. Il faut être effectivement un enfant de Dieu pour que « Père » sonne vrai dans nos cœurs et sur le bout de nos lèvres. C’est le cas lorsque nous nous adressons à nos pères terrestres. Si nous savons de qui nous sommes les fils et les filles, c’est quasiment toujours avec assurance, émotion et une claire conscience de notre appartenance que nous leur disons « papa ». Le lien de filiation nous y autorise pleinement. C’est notre droit, c’est notre prérogative. Nous l’avons acquis à la naissance. Il en va de même dans le rapport avec Dieu à la seule et unique différence que la naissance n’est pas naturelle mais spirituelle. Jean l’explique si bien. « Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » (Jean 1.12-13). Il nous est ainsi révélé qu’on ne naît pas enfant de Dieu, on le devient. Il s’agit d’un droit, d’un pouvoir donné par un autre, en l’occurrence, Celui qui est appelé la Parole, Dieu fait homme ; Celui-là même qui seul avait autorité pour enseigner : « Voici donc comment vous devez prier : Notre Père… ». C’est en Son nom qu’il faut croire pour recevoir le droit exclusif, unique de s’adresser à Dieu comme à un Père, comme à son Père. 

Sois abondamment béni(e) !

Lundi, 11 août 2025 — Freddy S.

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