« Par hasard, un prêtre descendait cette route. Quand il vit le blessé, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. »
Luc 10.31
Notre bon prêtre
Un pauvre homme, dans son trajet entre deux villes, tombe dans les mailles de brigands sans pitié. Après l’avoir dépouillé de tout, jusqu’à ses vêtements, ils le molestent avec une telle violence qu’il est laissé pour mort. Heureusement, il respire encore, et peut-être aura-t-il la vie sauve s’il se trouve, de passage, une âme bienveillante prête à porter secours dans l’immédiat. Peut-être ce prêtre, là-bas au loin, d’autant plus qu’il s’agit d’un digne représentant de Dieu. Ce dernier s’approche et aperçoit la silhouette pathétique, gisant au sol, à l’agonie. Ces traits lui semblent familiers : c’est un compatriote. Une raison de plus pour voler à son secours. Mais coup de théâtre : notre prêtre ne semble pas vouloir s’arrêter. Au contraire, c’est d’un pas pressé qu’il traverse sans porter secours à l’homme mourant.
Pour ceux qui s’empresseraient de le critiquer vertement, qui penseraient qu’il n’a pas de cœur, il a déjà une excuse toute trouvée : Il est prêtre. Et en tant que tel, il doit veiller au respect scrupuleux de la loi de Moïse, pour lui-même comme pour les autres. S’il voulait officier, la loi lui interdisait notamment de se souiller par le contact avec un mort (Lévitique 23.1-3 ; Nombres 19.11-13). Le blessé était-il mort ? Cette question ne se posait pas pour lui. Valait mieux éviter tout contact. Par ailleurs, l’endroit était trop dangereux pour s’y attarder. La situation était-elle sans espoir pour le malheureux étendu, livré à lui-même ? Non heureusement Un étranger aura compassion de lui, un de ces ennemis jurés qu’on appelle les Samaritains. Oui, la victime est juive tout comme le prêtre qui l’a délaissée. « Les Juifs, en effet, n’ont pas de relations avec les Samaritains. » (Jean 4.9). Ce Samaritain, qui a osé briser la glace et bravé les préjugés, « s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. » (Luc 10.34-35). Quel contraste saisissant avec le prêtre, indifférent à la souffrance d’un des siens !
Quel plus grand fossé que celui qui sépare ce prêtre d’un autre, déclaré par Dieu comme notre Souverain Sacrificateur (Hébreux 5.5-6) ! Jésus, notre grand prêtre a exercé la plus grande des miséricordes envers nous. Alors que nous étions morts, non comme les victimes des méfaits des autres, mais par nos offenses et par nos péchés (Ephésiens 2.1), Lui, « le Juste », « le Saint de Dieu » (Actes 3.14 ; Jean 6.9) a pleinement consenti à établir le contact avec une humanité souillée par le péché et la mort. « Voyant la foule, il fut ému de compassion, parce qu’ils étaient languissants et abattus, comme des brebis qui n’ont point de berger » (Matthieu 9.36). C’est ainsi qu’Il a vu tout homme livré à lui-même. C’est ainsi qu’Il nous a vus. Nous ayant vus, Il n’est pas passé. Nous étions dans le pays de l’ombre de la mort, sur le chemin de la perdition, en danger d’une mort éternelle. Pour nous sauver, notre prêtre à nous n’a pas hésité à faire ce qu’il fallait : Il s’est chargé de nos souillures, de nos infirmités, de nos péchés et de leurs conséquences. « Ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé » (Esaïe 53.4). Il a fait mieux que notre bon samaritain. En effet, il n’y a plus rien que nous devions payer pour notre rédemption. Il a tout réglé d’avance. La dette de nos péchés a d’ores et déjà été effacée. Et le salut que Jésus a accompli englobe les soins que nous recevons encore aujourd’hui de sa part. Il est le prêtre qui passe par le chemin du blessé précisément pour lui sauver la vie. C’est en raison de cette œuvre salvatrice qu’il exerce désormais son sacerdoce dans le Saint temple céleste. « Le point capital de ce que nous disons, c’est que nous avons un tel souverain sacrificateur, qui s’est assis à la droite du trône de la majesté divine dans les cieux, comme ministre du sanctuaire et du véritable tabernacle, dressé par le Seigneur et non par un homme » (Hébreux 8.1-2).
Rends grâce à Dieu d’avoir envoyé sur ton chemin le Grand Prêtre par excellence. Ô jamais, ô grand jamais, Il n’est passé à côté de l’âme en détresse – avide de pardon, de délivrance, de rédemption et de restauration – sans s’arrêter ! Quelle compassion, quelle miséricorde, quelle puissance de salut sont les siennes !
Sois abondamment béni(e) !
Jeudi, 26 juin 2025 — Freddy S.

