« Les filles de Tselophkad ont raison. Tu leur donneras en héritage une possession parmi les frères de leur père, et c’est à elles que tu feras passer l’héritage de leur père. »

Nombres 27.7

Dans son livre « Où donc est passé l’enfer ? », John Blanchard, évangéliste et auteur chrétien britannique, pose une question troublante : si l’enfer existe, comment pourrions-nous être pleinement heureux en sachant que des connaissances, des anciens amis, des proches, morts sans Dieu, pourraient y être et subir les pires tourments ? Le livre apporte sans doute une réponse plus approfondie que nous ne pourrions le faire ici. Mais une chose demeure certaine : Dieu est absolument digne de confiance, même lorsqu’Il aborde des réalités qui heurtent notre sensibilité ou dépassent notre imagination. S’il affirme que le jugement et le salut, le paradis et l’enfer sont réels, alors ils le sont. Nous devons nous confier à Lui pour tout ce qui nous attend dans l’au-delà ; et plutôt que de spéculer, nous saisir dès maintenant de l’ancre sûre qu’Il nous tend avant d’entreprendre ce voyage sans retour possible – si ce n’est au jour de la résurrection. Cette ancre, c’est Jésus-Christ. La confiance que nous devons placer en lui doit ressembler à celle que les filles de Tselophkad ont manifestée lorsqu’elles s’approchèrent de Moïse pour revendiquer, au nom de leur père, la part d’héritage qui leur revenait selon la succession, tout en se dissociant du défunt. 

Pour bien le comprendre, nous devons nous rappeler qui était leur père, ce qu’elles avaient retenu et leur attitude en conséquence. Les spécialistes de l’hébreu ont traduit le nom de leur père, Tselophkad, d’à peu près trois façons possibles : ombre de peur, ombre de crainte ou protection contre la peur. Les deux options sont frappantes quand on sait que la peur est précisément ce qui a caractérisé la vie de cet israélite et qui l’a fait entrer négativement dans l’histoire. Devant le rapport effrayant fait de la terre promise par dix des douze explorateurs envoyés par Moïse, il s’était laissé avec toute l’assemblée gagner par la peur au point de dire à l’unisson : « Que ne sommes-nous morts dans le pays d’Égypte, ou que ne sommes-nous morts dans ce désert ! Pourquoi l’Éternel nous fait-il aller dans ce pays, où nous tomberons par l’épée, où nos femmes et nos petits enfants deviendront une proie ? Ne vaut-il pas mieux pour nous de retourner en Égypte ?… Nommons un chef, et retournons en Égypte. » (Nombres 14.2-4). La voix dissonante de Josué et Caleb, les seuls à croire encore à un futur meilleur dans la terre promise, n’a pas dissipé cette peur. Quand ils ont encouragé  : « Ne soyez point rebelles contre l`Éternel, et ne craignez point les gens de ce pays, car ils nous serviront de pâture, ils n’ont plus d’ombrage pour les couvrir, l`Éternel est avec nous, ne les craignez point! », « toute l’assemblée parlait de les lapider », y compris Tselophkad (Nombres 14.9-10).

La suite, on la connaît. Ce qui nous intéresse à présent c’est l’état d’esprit de ses filles, ce qu’elles en ont pensé et leur conduite après le châtiment et décès de leur père. Si le nom de ce dernier signifiait vraiment « protection contre la peur », alors ses filles l’auraient porté mieux que lui. En effet quel contraste ! Elles auraient pu se dire « c’était notre père bien-aimé et il est mort par la faute de Moïse, de Josué et de Caleb. Dieu n’a eu pour lui aucune pitié. Il l’a tué et ne lui a donné aucun garçon pour le succéder. Nous ne sommes que ses filles. Nous sommes des femmes. Il n’y a rien pour nous à Canaan où nous allons. À quoi bon ? Si ça se trouve notre père avait raison. Nous ne sommes pas plus capables de prendre possession de cette terre après de longues années d’errance dans le désert que nous l’étions du vivant de notre père ». Mais non ! Leurs pensées étaient toutes autres. Elles se sont révélées plus courageuses, plus audacieuses, plus entreprenantes que leur père. Non seulement elles n’ont pas méprisé l’héritage promis – comme lui l’avait fait – mais elles l’ont revendiqué, et cela en son nom. Elles ont ainsi relevé celui-ci malgré la faute de leur père, précisément en agissant différemment de lui. Elles n’avaient pas besoin d’inscrire sur sa tombe une épitaphe embellie qui n’aurait pas correspondu à sa vie. Mais elles ont su redorer son nom par leur attitude, en suppléant à ce qui avait cruellement manqué à leur père : la foi et l’audace. Leur sort n’était pas lié à celui de leur père. Son châtiment était juste. Et elles l’ont prouvé en prenant une voie radicalement différente. Néanmoins elles gardaient pour lui le respect et l’honneur dus à un parent. Cela aussi plaît à Dieu. 

Sois abondamment béni(e) !

Lundi, 13 octobre 2025 — Freddy S.

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