« Il trouva une mâchoire d’âne fraîche, il étendit sa main pour la prendre, et il en tua mille hommes. Et Samson dit : Avec une mâchoire d’âne, un monceau, deux monceaux ; Avec une mâchoire d’âne, j’ai tué mille hommes. »

Juges 15.15-16

Léchi désigne un lieu en Israël qui, autrefois, a été le théâtre d’une bataille épique entre une seule personne, un Israélite nommé Samson, et des troupes ennemies, les Philistins. Il signifie en hébreu « mâchoire ». Il doit son nom à une mâchoire d’âne fraîche, l’arme de guerre insolite dont s’est servi notre héros pour terrasser à lui seul une milice de mille hommes. La force avec laquelle cette arme a été maniée, de manière à infliger à l’adversaire des pertes aussi lourdes, est de toute évidence surhumaine. Pour quiconque connaît le début de l’histoire de ce personnage biblique, son exploit au combat est la démonstration frappante d’une force surnaturelle dont il a été doté par Dieu dès sa naissance. Il n’était pas encore né que Dieu avait fait dire à sa mère : « Voici, tu es stérile, et tu n’as point d’enfants ; tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils… le rasoir ne passera point sur sa tête, parce que cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère ; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins » (Juges 13.3,5).

Dans l’imagerie populaire, Samson est un colosse à la stature physique impressionnante. Il collerait bien avec l’image des super-héros des films fantastiques pour la simple raison que « l’homme regarde à l’apparence » (1 Samuel 16.7). L’épisode ci-dessus rapporté est digne des films de justiciers hollywoodiens. On aime mieux voir ceux-ci représentés sous les traits d’hommes puissants qui n’hésitent pas à recourir à la force physique pour imposer les idéaux de justice et de paix. Samson est sans doute le personnage biblique le plus considéré pour cette raison. Un détail cependant : contrairement à l’homme, « l’Éternel regarde au cœur. » (1 Samuel 16.7). Il n’a sans doute pas échappé à Dieu que Samson, dans son heure de gloire et de triomphe, s’était saisi d’une arme certes efficace, mais sujette à caution. La mâchoire d’âne était celle d’un animal mort. Samson avait enfreint une des règles générales de sa consécration, qui était d’éviter le contact avec des morts (Nombres 6.6-7 ; Nombres 19.11-16 ; Lévitique 11).

On peut mitiger cet élément à charge contre Samson en avançant que des instructions spécifiques n’avaient pas été clairement réitérées dans ce sens. Cependant, il est évident que Samson a fait montre de légèreté et s’y est accoutumé jusqu’à un point fatidique : le rasoir finira par passer sur sa tête. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur l’homme fort de Léchi, puisqu’il perdra sa force exceptionnelle. À Léchi, la fin justifiait les moyens, mais plus tard, cette fin a été tragique. Nous sommes à bien des égards comme Samson. Nous dissimulons, sous de nobles causes, nos compromis avec le mal et légitimons par elles nos procédés douteux, pensant que Dieu n’y attache pas d’importance. Prenons garde aux avertissements du Seigneur : « Voilà ce que tu as fait, et je me suis tu. Tu t’es imaginé que je te ressemblais ; Mais je vais te reprendre, et tout mettre sous tes yeux. » (Psaume 50.21). Que Dieu ne réagisse pas immédiatement n’est pas le signe de son approbation. Dieu n’est pas impressionné par nos prouesses, car c’est de Lui que procèdent nos capacités. En revanche, Il prend plaisir à la consécration sincère d’un cœur obéissant et attentif à ses voies.

À suivre…

Sois béni(e) abondamment !

Lundi, 24 février 2025 — Freddy S.

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