« Retourne, et dis à Ézéchias, chef de mon peuple : Ainsi parle l’Éternel, le Dieu de David, ton père : J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. Voici, je te guérirai ; le troisième jour, tu monteras à la maison de l’Éternel. »
2 Rois 20.5
Tordre le bras de Dieu
Le bras de fer est un jeu – ou un sport – de force. Deux adversaires se tiennent face à face, le coude posé sur une table. Ils s’empoignent fermement, main droite contre main droite. Le but : faire plier l’autre en forçant son bras à toucher la table. Dans un sens figuré, l’expression « bras de fer » désigne une confrontation, un conflit d’autorité, une lutte d’influence où chaque partie campe sur ses positions, refusant de céder. Croyez-le ou non : certains font entrer Dieu dans ce schéma. Ils pensent qu’on peut, en toute piété, être aux prises avec Dieu, notamment lorsqu’on désire ardemment quelque chose sans être certain que Dieu le veuille. Au pouvoir souverain de Dieu – qu’Il ne serait pas nécessairement disposé à exercer en leur faveur – ils opposent le pouvoir de la prière, conçue comme un moyen de pression, une sorte de contrepoids à cette souveraineté. En d’autres termes : Dieu n’est peut-être pas disposé à nous exaucer d’emblée, mais si l’on insiste suffisamment, à coups répétés de prières, on pourrait finir par « lui forcer la main », voire « lui tordre le bras ».
Un exemple parfois cité à l’appui de cette idée est celui d’un roi juif nommé Ézéchias. Il était de ceux qu’on pourrait qualifier de bons rois. Il se confiait en Dieu. Il le craignait et s’efforçait de lui être agréable. Il l’avait justement professé dans une de ses prières adressées à Dieu : « Ô Éternel ! souviens-toi que j’ai marché devant ta face avec fidélité et intégrité de cœur, et que j’ai fait ce qui est bien à tes yeux ! » (2 Rois 20.3). Et pourquoi fit-il cette prière ? Par plaisir ? Par vanité ? Non ! Il le faisait dans d’abondantes larmes. Il était gravement malade et il avait appris d’un prophète du Seigneur, Ésaïe, qu’il n’y survivrait pas. Par cette maladie, Dieu allait le rappeler à Lui (2 Rois 20.1). Ce à quoi le roi n’a pas voulu se résoudre. Et coup de théâtre : sa prière a été d’une grande efficacité. Elle a semble-t-il causé un retournement de situation. Dieu envoie dire au roi que non seulement il aura la vie sauve, mais qu’en plus il vivra quinze années supplémentaires, et que son règne sera affermi par la délivrance du royaume de la menace assyrienne (2 Rois 20.5-6). On pourrait conclure que Ézéchias a réussi un coup d’éclat : forcer le bras de Dieu à toucher la table des négociations pour sa survie. Toutefois, examinons attentivement la réponse de Dieu aux cris de détresse du roi.
« J’ai entendu ta prière, j’ai vu tes larmes. » Dieu entend. Dieu voit. Il entend les prières, il voit les larmes. Il n’y est jamais insensible. Le roi Ézéchias le savait très bien. Aussi a-t-il fait appel à la compassion de son Dieu, et non à un quelconque pouvoir de négociation, encore moins à une revendication légitime. C’est cette compassion qui doit être mise à l’honneur. C’est par elle que la prière du roi et les nôtres sont rendues efficaces dans la détresse. Dieu Lui-même y avait déjà mis un point d’honneur quand Il s’était solennellement révélé à Moïse en une certaine occasion : « L’Éternel passa devant lui, et s’écria : L’Éternel, l’Éternel, Dieu compatissant et miséricordieux, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité. » (Exode 34.6). Le roi Ézéchias n’a jamais été en position de force. Sa prière ne lui donnait pas sur Dieu une influence irrésistible. N’imaginons pas la prière comme un moyen de faire faire à Dieu ce qu’il n’a jamais été dans son caractère ou dans sa nature de faire. Il peut tout et fait ce qu’il veut. Ce qu’il veut c’est ce qu’il y a de bon, d’agréable et de parfait : montrer de la compassion, sauver une vie dans le présent en font partie tout comme rappeler à Lui pour la vie éternelle. Il nous a fait un formidable cadeau : la prière. Nous pouvons y recourir librement et sincèrement. Toutefois, faisons-le sans la moindre prétention. Dans l’épreuve, ce n’est pas un bras de fer, c’est se laisser choir dans les bras d’un Dieu plein de compassion.
Dieu ne veut pas que tu penses pouvoir Lui forcer la main. En plus d’être impossible, c’est inutile. S’il est vraiment ton Dieu en Jésus-Christ, alors Il entend ta prière, Il voit tes larmes. Répands ton cœur devant Lui. Il répandra sa compassion devant toi.
Sois abondamment béni(e) !
Vendredi, 27 juin 2025 — Freddy S.

