« Il (Jean) prêchait, disant:… je ne suis pas digne de délier, en me baissant, la courroie de ses souliers…Jésus vint de Nazareth en Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. »
Marc 1.7,9
Le baptême de Jésus (VI)
Un autre détail de nature à enrichir notre connaissance du Seigneur dans Son humilité et qui nous est encore fourni par Jean Baptiste réside dans l’immersion du Jésus par ses soins dans les eaux du Jourdain après qu’il ait pourtant déclaré ne pas être : « digne de délier », en se « baissant, la courroie de ses souliers ». Chez les juifs contemporains du prophète, les bonnes mœurs commandaient d’offrir l’hospitalité à un voyageur ou à un visiteur avec beaucoup d’égards. Il n’y avait aucun engin à moteur pour se déplacer. Quand on n’était pas sur sa monture pour les plus cossus, les aristocrates et les gradés de l’armée, on était piéton. Les trajets ne se faisaient pas sur de belles rues pavées ou goudronnées mais sur des pistes naturelles, souvent poussiéreuses en été et boueuses en saison des pluies. À destination, bonjour la crasse sur les pieds ! Bien accueillir son hôte revenait à lui faire ôter ses sandales en déliant leur courroie, pour soigneusement lui laver les pieds. À vrai dire, malgré la considération ainsi donnée, c’était une basse besogne qui était confiée à l’esclave de la maison.
C’est à cette pratique de l’hospitalité que Jean le Baptiste faisait référence quand il parlait de son indignité vis-à-vis du Seigneur. Même se baisser pour déchausser ce dernier et lui laver les pieds était une tâche beaucoup noble pour sa modeste personne. Nous admirons déjà l’humilité du prophète même si elle devrait nous être naturelle à nous aussi. Devant la majesté divine, elle s’impose d’elle-même. D’après un proverbe, on porte le sac du plus grand que soi. Jean a décrit Jésus comme Celui qui venant après lui, était plus puissant que lui (Marc 1,7). Pour montrer à quel point le Seigneur est élevé en puissance et en dignité, à quel point la
comparaison avec lui est insoutenable surtout après qu’il ait été interrogé sur sa possible identité messianique (Jean 1,19-27), il a utilisé une expression forte tirée d’un des gestes les plus avilissants pour un homme : délier la courroie des souliers de Son supérieur ou plus tacitement lui laver les pieds. Il est encore allé plus loin :le faire n’était pas qu’un honneur à rendre à son Seigneur. C’était surtout un bien trop grand honneur pour lui, un honneur tel qu’il estimait ne pas même être digne de le rendre. Remarquez qu’il n’a pas osé parler de laver les pieds du Seigneur. Lui retirer ne serait ce que la courroie de Ses sandales était déjà assez.
Ce que Jean ignorait c’était que ce Jésus n’était pas un Seigneur comme les autres. Il n’était pas seulement plus puissant que Lui. Il était aussi plus humble. En fait c’était le plus humble des maîtres, plus humble même que tous Ses disciples et tous les hommes réunis. À l’occasion de Son baptême, Il nous a offert un de ces plus beaux paradoxes dont Il a le secret. Celui dont Jean ne s’imaginait même pas laver les pieds va Lui demander de le plonger tout entier dans l’eau. Incroyable ! On peut comprendre la réticence du prophète. On peut également comprendre la louange que Dieu fera entendre au sujet de Son Fils bien-aimé. « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis toute mon affection. » (Marc 1 :11). Dieu aime,l’humilité. Il désire l’humilité. Et sur ce point comme sur tout le reste Jésus en tant que homme, l’aura pleinement satisfait. Comme Jean est allé plus loin dans l’expression de l’humilité, Jésus ira encore plus loin dans la démonstration de l’humilité. Il n’a pas seulement consenti aux eaux du baptême mais Lui-même dont aucun n’est « digne », en se baissant, « de délier la courroie de Ses sandales », va au soir de Sa vie, pousser l’impensable à des sommets encore plus élevés. Il « se leva de table, ôta ses vêtements, prit un linge, et s’en ceignit. Puis il versa de l’eau dans un bassin, et se mit à laver les pieds des disciples, et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. » (lire tout Jean 13, 1-17). Connaissez-vous hommes plus Humble ?
En lavant les pieds de ses disciples, notre Seigneur et Maître a expressément voulu donner l’exemple. C’est exactement ce qu’il avait fait lors de son baptême, et c’est encore ce qu’il fera sur la croix en manifestant le plus grand amour qui soit : donner sa vie pour ses amis (Jean 15 :14) ; ainsi que la plus grande humilité qui soit : s’humilier lui-même, devenant obéissant jusqu’à la mort (Philippiens 2 :8).
Sois abondamment béni(e) !
Samedi, 13 décembre 2025 —Freddy S.

