«Et moi, je suis un ver et non un homme, l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple.»

Psaumes 22.6

Il n’y a pas beaucoup de personnes qui se prendraient d’affection pour un ver de terre. Cet invertébré a tout en apparence pour déplaire. Il est mou, gluant et aime la crasse. On peut même dire que celle-ci est vitale pour lui pour autant qu’elle soit humide. Exposé au soleil ou à la sécheresse, le ver dépérit. S’il y’a bien une raison pour laquelle j’avais du mal à manger des oignons, c’est parce que mon esprit d’enfant l’avait associé à cet animal sans pattes, sans yeux, sans squelette.  Heureusement cette phobie a été surmontée et je m’étonne aujourd’hui d’avoir fait un tel rapprochement. Qu’en est-il du ver ? Est-il devenu plus aimable pour autant ? Eh bien à ma grande surprise, un changement s’est également opéré à son sujet quand j’ai découvert l’une des raisons pour lesquelles il avait lui aussi sa place dans la création de Dieu dont il est dit que quand Il « vit tout ce qu’il avait fait voici, cela était très bon » (Genèse 1.31). 

Il se trouve qu’il joue un rôle utile à la croissance des plantes. Ce petit être visiblement insignifiant, inintéressant, laboure le sol à sa manière. Il lui suffit de s’y déplacer pour y arriver. Il creuse ainsi des galeries qui aèrent la terre et améliorent la circulation de l’air et de l’eau vers les racines. Leurs déjections (appelées turricules) sont aussi très riches en nutriments, ce qui fertilise naturellement le sol. Sans eux, il faudrait le faire artificiellement à coups de bâtonnet pour casser la croûte dure qui se forme à la surface après arrosage, laisser l’air et l’eau mieux pénétrer, et éviter que les racines s’étouffent, ce qui serait périlleux pour la plante. 

Si ce fait ne suffit pas à rendre cet animal moins repoussant pour ne pas dire plus sympathique, ajoutons que la Bible en parle d’une manière saisissante. « Et moi, je suis un ver et non un homme, l’opprobre des hommes et le méprisé du peuple. (Psaumes 22.7). Ce texte prophétique, attribué à David, décrit une partie des souffrances du Messie. Bien que David, ait sans doute connu l’abandon, le déshonneur et le mépris au cours de sa vie, il n’est qu’une faible image de Jésus qui « s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et, ayant paru comme un simple homme, Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. » (Philippiens 2.7-8). Quoi de plus adapté qu’un ver de terre, pour décrire un tel niveau d’abaissement de la part de Celui qui « existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu » (Philippiens 2.6). Le Seigneur du ciel et de la terre, par amour pour nous, n’a pas seulement accepté de se comparer à un ver, il a aussi soutenu cette comparaison en endurant personnellement les affres, les souffrances, l’ignominie et la mort de la Croix. L’abandon et la colère de Dieu ont été à notre Seigneur ce qu’une ardente sécheresse et un soleil de plomb sont au ver de terre. Si elles lui ont arraché ces deux cris d’agonie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », « J’ai soif », s’il a accepté d’être moins qu’un homme, c’est-à-dire un ver, c’est pour nous donner la paix avec Dieu et notre véritable valeur d’hommes. (Matthieu 27.46 ; Jean 19.28). 

Sois abondamment béni(e) !

Dimanche, 23 novembre 2025 —Freddy S.

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