« Jésus le renvoya sur-le-champ, avec de sévères recommandations, et lui dit: Garde-toi de rien dire à personne…Mais cet homme, s’en étant allé, se mit à publier hautement la chose et à la divulguer, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer publiquement dans une ville. Il se tenait dehors, dans des lieux déserts, et l’on venait à lui de toutes parts. »
Marc 1.43-45
L’homme parfait (II)
« Tu sais c’est grâce à moi si… », « si je n’avais pas été là… », « c’est moi qui l’aie fait… ». Soyons francs ! Nous avons déjà tous tenu des propos qui encensent nos valeureuses et bienfaisantes actions. C’est naturellement que nous saisissons les moindres occasions offertes de tirer gloire de ce que nous avons fait de bien. Le monde doit, il nous semble, en être informé. Nous sommes des enfants qui, tout excités par leurs jouets et ce qu’ils peuvent en faire, s’en vantent auprès de leurs camarades. Que des griots et des artistes mettent nos noms dans leurs chansons et content nos exploits, avouons le : ce qui flatte, plaît ! Et ce n’est pas nous qui arrêterions la musique d’autant plus si nous en avons commandé et payé la composition ! Nous sentons néanmoins qu’il y a quelque chose d’imparfait, de vain, parfois d’abuser et d’usurper dans cette gloriole. L’autoglorification nous est spontanée mais nous embarrasse face à l’humilité. Malheureusement même en voulant nous approprier cette dernière, nous tombons dans une vantardise encore plus subtile. Comme a dit un ami : l’orgueil se vante et se félicite même d’être humble.
L’apôtre Jean après avoir donné quelques morceaux choisis des hauts faits de Jésus, fait cette mention spéciale et honorable : « Jésus a fait encore beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, je ne pense pas que le monde même pût contenir les livres qu’on écrirait. » (Jean 21.25). Une des caractéristiques des Évangiles est la sobriété avec laquelle les auteurs relatent les actions miraculeuses de Jésus. Un jour j’ai assisté à un sermon cousu uniquement de témoignages d’œuvres extraordinaires dont l’orateur aurait été l’instrument privilégié. Il n’y avait rien pour Jésus ni rien de commun avec l’approche des évangélistes qui n’ont pas manqué de relever en même que les miracles du Seigneur, la discrétion avec laquelle Il se plaisait à les opérer. Nous avons dans notre texte, un cas pour l’illustrer. Il s’agissait d’un lépreux exclu de la société à cause de la maladie dont il était atteint. Dès le diagnostic du mal par un prêtre, il devait être déclaré impur et mis à l’écart. C’était particulièrement dur à vivre d’autant de qu’il devait lui-même signaler son passage en public par les mots « impur, impur ». Ayant entendu parler de Jésus et de Son pouvoir, il s’est rendu auprès de Lui dans l’espoir non que Jésus puisse le guérir mais veuille guérir un cas aussi désespéré et repoussant que le sien. Jésus a exaucé son souhait non sans lui témoigner une touchante bienveillance. Qu’aurions-nous fait à la place de Jésus ?
Ce que les télévangélistes font aujourd’hui sur nos chaînes de télé et pour un simulacre en plus ! Il n’est pas certain que nous aurions nous aussi résisté à la tentation de convoquer les médias, de faire sonner de la musique, de nous produire sous les feux des projecteurs en clamant avoir reçu à cet effet une onction divine spéciale. Nous programmerions probablement plus de séances de délivrance, de guérison et inviterions le plus grand monde à venir profiter du spectacle. Jésus lui fit tout le contraire. Non seulement il refusa que le lépreux lui fasse un coup de publicité mais encore il se montra particulièrement sévère pour l’en dissuader. Considérons à présent tous ces bienfaits que le Seigneur nous accorde dès le lever du jour jusqu’à son coucher, dans la plus grande discrétion. Considérons ces nombreuses fois où nous avons été providentiellement aidés, secourus et soutenus sans recevoir le moindre mot signé du Ciel. Le Seigneur vivait ce qu’il disait y compris lorsqu’il enseigna : « quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite, afin que ton aumône se fasse en secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (Matthieu 6.3-4). Rien n’était fait pour attirer l’attention, pour être vu, apprécié et célébré des hommes. C’est également sur une infâme croix vulgaire, rugueuse et sanglante que notre Sauveur fit dans la méconnaissance la plus totale des hommes, le plus grand, le plus précieux, le plus remarquable des dons : le don de Sa vie pour notre rédemption.
Défendre les personnes à qui nous avons fait du bien, d’en faire large diffusion ? Et si tu t’y essayais pour voir ? Tu le sens peut-être au fond de toi :Humainement ce n’est pas naturel. Faire ainsi taire toutes prétentions à la gloire et au besoin de reconnaissance des hommes n’est pas inhérent à notre nature pécheresse, puisqu’il s’agit non de notre voie mais de celle du Seigneur. À moins qu’Il nous l’apprenne, nous serions incapables d’y marcher. Or il faut qu’Il nous l’apprenne car telle est la voie de ceux qui ont reçu le don du salut dans le secret de leurs cœurs.
Sois abondamment béni(e) !
Lire la partie 1 : L’homme parfait (I)
Jeudi, 08 Janvier 2026 —Freddy S.

