« Et, l’amertume dans l’âme, elle pria l’Éternel et versa des pleurs […] Comme elle restait longtemps en prière devant l’Éternel, Eli observa sa bouche »
1 Samuel 1.9-12
Je, nous… genoux ! (1)
Deux valent mieux qu’un, c’est l’union qui fait la force et chasse l’orgueil. Ça, c’est dit ! Mais il est bon de souligner un détail : c’est un plus un qui égalent deux. Autrement dit, pour avoir deux, il faut d’abord avoir un. Ainsi, l’union n’est possible que parce que nous sommes d’abord, chacun, « un ».
Dans l’épitre aux Éphésiens, Paul dit aux fidèles : « portez et supportez-vous réciproquement avec beaucoup d’affection. Efforcez-vous de conserver entre vous l’unité que le Saint-Esprit a créée et restez liés les uns aux autres dans l’harmonie et la paix » (chap. 4.2-3). Une recommandation qui pose la question des identités et de ce qu’on en tire pour devenir non pas « deux », mais « un » à plusieurs.
Cette manière de pratiquer la foi collective demande d’abord d’avoir une foi individuelle. En effet, ce que le Saint-Esprit créé, il le fait dans chaque cœur. C’est cette œuvre qui permet à tous les cœurs de se reconnaître comme appartenant à la même source, de s’attacher naturellement et de rester liés. Ça demande à chaque maillon de la chaîne d’avoir une identité personnelle et un apport individuel.
C’est comme un mari et sa femme qui désirent tous les deux la volonté du Seigneur pour leurs vies individuelles et de couple. Ils laissent Jésus régner en eux et au milieu d’eux de sorte qu’« un plus un plus un soit égal à un ». Ils s’associent pour exister et fonctionner ensemble, avec Christ au centre. Mais avant d’exister en tant que couple, chacun existe en tant qu’individu pensant. Raison pour laquelle le salut de l’un ne peut dépendre de la foi de l’autre, tout comme la foi de l’un ne peut être la garantie du salut de l’autre. Cependant, l’unité du couple ne devient authentique que lorsque le « je » disparaît pour laisser place au « nous » qui se construit avec l’apport de chacun des deux.
Ce principe s’applique à notre vie de prière. Malheureusement, bon nombre de chrétiens ont tendance à se reposer sur la prière des autres, sur la relation des autres avec Dieu, sur la foi des autres. Ils vivent leur foi au travers des autres. Ils privilégient les moments de prière d’ensemble, pour éviter d’avoir à développer une relation personnelle avec Dieu. Dans le « nous », ils viennent puiser pour leurs propres besoins parce qu’ils n’ont pas la force du « je » devant l’Éternel, et en fin de compte, n’ont malheureusement jamais rien à apporter au « nous » pour répondre aux besoins des autres.
Ce n’est pas un blâme quand c’est temporaire. Ça peut arriver, soit parce qu’on est néophyte, soit dans un moment particulièrement difficile. Mais lorsque ça arrive, il faut que ce soit saisonnier. Ça ne peut pas être l’état permanent d’un vrai disciple de Jésus. Je prie que tu sois de ceux qui donnent et qui reçoivent, dans la communion des enfants de Dieu.
Sois abondamment béni(e) !
Vendredi, 19 juin 2026 — Feel M.

