« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »
Jean 15.13
Donner sa vie à Jésus (V)
« Et vous qu’auriez-vous fait à ma place ? » C’est une question typique qui clôture systématiquement chaque épisode d’une mini-série africaine mettant en scène des personnages face à des choix cornéliens. Les amateurs s’y reconnaîtront. Nous allons nous en inspirer pour nous imaginer au cœur d’un scénario d’un autre genre, un qui n’ait rien d’un drame social ou des coups de la vie. Nous sommes une fratrie en réunion de crise. Quelques-uns d’entre nous sont injustement retenus prisonniers. Ils sont mal nourris, mal en point, sans le moindre secours et la moindre assistance médicale. Ils auront certainement besoin de nourriture et de soins, probablement des vêtements de rechange pour survivre. Nous devons absolument leur porter secours parce que personne d’autre ne le fera à notre place. Peut-être allons-nous faire passer ces ressources clandestinement par un garde qui aura pour nous de la sympathie. Peut-être devrions nous acheter son silence ? Peut-être nous faudrait t-il un sauf-conduit ? La situation est particulièrement grave parce qu’il n’est pas exclu qu’en voulant sauver les nôtres, nous nous fassions nous aussi arrêter. Quel est le choix à faire ?
Cette représentation n’est pas le fruit de l’imagination. Elle est basée sur des faits réels. Jésus les avait déjà annoncés en lien avec les persécutions que son Église subirait sous l’Empire romain et bien au-delà. « Quiconque donnera seulement un verre d’eau froide à l’un de ces petits parce qu’il est mon disciple, je vous le dis en vérité, il ne perdra point sa récompense » (Matthieu 10.42). Il fut un temps – et c’est encore le cas dans plusieurs pays – où offrir ne serait-ce qu’un verre d’eau à un chrétien n’était pas sans danger. Un tel geste revenait à s’identifier à lui, en l’accueillant et en lui venant en aide. Il fallait vraiment être sûr de soi pour le faire. Aujourd’hui encore, ce n’est pas toujours bien vu d’aimer, d’apprécier ou simplement de fréquenter les chrétiens, surtout dans un contexte où, sans persécution frontale, la société se déchristianise. S’afficher aux côtés de disciples de Jésus, attachés à toute la Parole de Dieu y compris dans ses aspects contraires aux mauvaises mœurs et aux courants de pensée actuels, peut rapidement passer pour un acte d’insoumission au politiquement correct. Et pourtant, c’est ainsi que Jésus veut nous voir également Lui donner nos vies.
« Nous avons connu l’amour de Dieu en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères » (1 Jean 3.16). « Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, il est un menteur ; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas ? » (1 Jean 4.20). Ces paroles viennent du même auteur qui lie de manière inextricable la dévotion au Seigneur à la communion avec ceux pour qui Il a donné sa vie. Donner sa vie à Jésus, c’est apprendre à la mettre au service des autres, en particulier des croyants, quel qu’en soit le coût. Par croyants, nous n’entendons pas des personnes qui appartiennent à la même communauté religieuse que nous. Il s’agit de celles avec qui nous hériterons le salut éternel parce qu’elles croient aussi comme nous qu’elles n’avaient rien à offrir à Jésus jusqu’à ce qu’Il les sauve et leur insuffle une vie nouvelle. Elles se sont engagées à servir la cause de l’Évangile en s’offrant tant bien que mal au Seigneur pour le salut des autres.
Jésus est un Maître unique en son genre. Il s’identifie à ses disciples qu’Il appelle affectueusement “ses petits”. Il désire tant partager avec eux que, Lui donner sa vie, c’est aussi la leur dédier par amour pour Lui et par amour fraternel envers eux. Toi et moi ne pouvons pas parler de donner nos vies à Jésus sans envisager les autres comme les bénéficiaires de ce don, qui n’est que le corollaire d’un don encore plus grand : le don de Jésus pour notre salut.
Sois abondamment béni(e) !
(À suivre…)
Dimanche, 08 juin 2025 — Freddy S.

