« Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. »
Exode 33.19
Dieu fait grâce (II)
Nous devons forcément avoir quelque chose de précis à l’esprit lorsque nous énonçons cette vérité. Même si elle est générale, elle est loin d’être abstraite, et ses applications sont bien plus personnelles qu’on ne le croit.
Pour Moïse, c’était du concret, pour ne citer que cet aspect de la grâce. Israël, que Dieu avait délivré de l’esclavage en Égypte sous la conduite de son serviteur, venait d’avoir l’outrecuidance d’attribuer sa délivrance à un veau d’or, dans un culte fastueux rendu à cette idole – au pied même de la montagne où Dieu dictait à Moïse, au même moment, ses commandements, dont ceux contre l’idolâtrie. Ce crime entraîna la mort de trois mille hommes en un seul jour (Exode 32.28). Le bilan aurait été plus lourd encore si Moïse n’avait pas intercédé pour ses compatriotes, que Dieu qualifiera de « peuple au cou raide » (Exode 33.3).
Moïse obtint un sursis, mais l’affaire était loin d’être réglée. Dieu lui dit : « Va donc, conduis le peuple où je t’ai dit. Voici, mon ange marchera devant toi. Mais, au jour de ma vengeance, je les punirai de leur péché. » (Exode 32.34) Puis Il ajouta à l’intention d’Israël : « Monte vers ce pays où coulent le lait et le miel. Mais je ne monterai point au milieu de toi, de peur que je ne te consume en chemin. » (Exode 33.3). Moïse, en bon intercesseur, ne se satisfit pas de cette réponse. Il poursuivit son plaidoyer en faveur de son peuple coupable : « Voici, tu me dis : Fais monter ce peuple ! Et tu ne me fais pas connaître qui tu enverras avec moi. Cependant, tu as dit : Je te connais par ton nom, et tu as trouvé grâce à mes yeux. Maintenant, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te connaîtrai, et je trouverai encore grâce à tes yeux. Considère que cette nation est ton peuple. » (Exode 33.12–13)
L’avez-vous remarqué ? Moïse s’appuie exclusivement sur la grâce trouvée auprès de Dieu pour appuyer sa demande. Qu’y avait-il, en effet, avant que Moïse ne trouve grâce aux yeux de Dieu ? Si vous connaissez sa vie, vous savez qu’il était un renégat, un fugitif recherché pour meurtre, un homme craintif qui ne cherchait pas spécialement Dieu – lorsque Celui-ci s’est pourtant révélé à lui et l’a choisi pour libérer son peuple.
Moïse savait qui il était. Il avait pleinement conscience du privilège qui lui avait été accordé, et il s’en servait pour que les autres en bénéficient également. Dans ce dialogue avec Dieu, Moïse n’invoqua aucun mérite personnel pour justifier la grâce reçue. Il l’avait simplement « trouvée ». C’est précisément parce que cette faveur est imméritée et gratuite qu’il osait la demander aussi pour son peuple.
Nous devons également réaliser la même chose en ce qui nous concerne. Scrutons notre passé : il s’y trouve certainement des motifs pour que Dieu nous condamne et nous rejette. Nous n’avons rien qui nous qualifie à son service. Nous n’avons même rien à notre actif, aux yeux de Dieu, qui justifie qu’Il nous laisse encore en vie. Et pourtant, non seulement Il nous fait subsister — « Il fait lever son soleil… et il fait pleuvoir » sur nous (Matthieu 5.45) -, mais Il a aussi placé entre Lui et nous un intercesseur, dont Moïse n’était qu’une préfiguration : Jésus-Christ. « Car la loi a été donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus-Christ. » (Jean 1.17). Moïse avait trouvé grâce pour lui-même. Fort de cette grâce, il avait obtenu un sursis pour son peuple, un prolongement de la bonté, de la patience et de la longanimité de Dieu envers celui-ci. La justice de Dieu qui exigeait le châtiment mérité était loin d’être satisfaite. Jésus en revanche en payant de sa vie parfaite le lourd tribut qu’exigeait ladite justice, a obtenu pour tous ceux qui croient en Lui, toute la grâce divine. En Lui, nous pouvons pleinement trouver grâce aux yeux de Dieu. « Il peut sauver parfaitement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder en leur faveur. » (Hébreux 7.25).
Est-ce à cela que tu penses quand tu dis ou entends dire « Dieu fait grâce » ? Puisse-t-il en être ainsi !
Sois abondamment béni(e) !
Dimanche, 22 juin 2025 — Freddy S.

