« Amnon fut atteint d’un grand désir pour Tamar, la sœur d’Absalom, fille de David…il la força à coucher avec lui. Après cela, Amnon la détesta tellement qu’il la repoussa brutalement, lui disant : » Sors d’ici ! » »
2 Samuel 13.2-11
Entre amour et désir (II)
Nous avons déjà entamé la triste histoire d’Amnon et de sa demi-sœur Tamar. Amnon s’était pris de passion pour cette dernière au point que ça en devenait obsessionnel. Nous avons vu qu’un tel degré de fascination pour son semblable est un vrai red flag qu’il ne faut surtout pas ignorer. Il est encore plus dangereux de l’entretenir ou d’en être flatté. Nous allons davantage développer le sujet en abordant d’autres éléments propres à notre récit. Notons au tout premier verset, que la princesse, objet du désir du jeune Amnon, est décrite comme une femme « belle ». Une telle mention n’est pas anodine. La beauté est une valeur sûre dont on peut remercier le Créateur, qu’elle soit physique, intérieure ou tout simplement morale. Sa perception et l’admiration qu’elle suscite sont naturelles et même honorables. Savoir apprécier ce qui est beau, s’en émerveiller, le relever et le complimenter est une qualité. Dieu est le premier à la posséder. Alors même qu’Il est à l’origine des « cieux et de la terre », de toutes les merveilles de l’univers et de la nature, il n’a pas manqué d’y attribuer la note : « très bon ». « Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour. » (Genèse 1.31).
Le problème avec le Beau réside dans l’attrait qu’il exerce sans qu’on y oppose la moindre retenue, doublé du désir de se l’approprier. Dieu n’avait pas interdit à Ève (et à Adam), de regarder le fruit défendu mais d’en manger. Seulement le processus qui a abouti à la désobéissance du premier couple est passé par un regard un peu trop intense et prolongé, le genre qui suggère ou donne des idées dont nous devrions nous garder, parce qu’elles ne demanderont qu’à être concrétisées pour le pire. « La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, en mangea, et en donna aussi à son mari qui était auprès d’elle, et il en mangea. » (Genèse 3.6). Jacques explique ce processus : « chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché ; et le péché, étant consommé, produit la mort. » (Jacques 1.14-15). Comme le fruit agréable à la vue d’Eve, Tamar était plaisante à regarder, suffisamment pour que Amnon naturellement ne s’en tienne plus aux regards. La convoitise qui s’était formée dans le cœur de nos premiers parents est celle qui brillera dans les yeux du fils du roi David.
Elle n’était pas seulement celle des yeux, mais aussi celle de la chair, car que dit la suite de notre récit ? « Amnon était tourmenté jusqu’à se rendre malade à cause de Tamar, sa sœur ; car elle était vierge » (2 Samuel 13.2). Elle avait quelque chose qu’il désirait pour lui et dont il voulait en savourer l’expérience comme le « fruit bon à manger » au goût d’Eve. La Bible par cette indice, nous laisse déjà entrevoir ce vers quoi les pensées d’Amnon l’orientaient, ce qui précisément l’obsédait chez sa demi-sœur. Ce n’était pas juste sa beauté mais aussi son intimité. À ce stade de l’histoire, arrêtons-nous pour considérer nos propres pensées lorsqu’elles s’appliquent à un objet fascinant ou à une personne attirante. Jusqu’où va notre admiration ? Savons-nous nous contenter d’apprécier sans plus. Encore une fois, le problème n’est pas ce qui frappe aux yeux, ni dans le simple regard admiratif. Il commence quand on y ajoute un autre regard plus pénétrant cette fois, un regard qui va au-delà de l’inaccessible et le dissèque, un qui appelle une imagination débordante et une action interdite. Il est certain que la convoitise est ce qui motive odieusement les agressions sexuelles. En cela, elle est particulièrement monstrueuse. Mais plus subtilement, elle se cache aussi derrière les choix que nous portons sur le sexe opposé, sans réel intérêt pour ce que l’autre est, pour sa personnalité, ses valeurs morales, sa foi, sa conduite. Quand tout ce qui compte est ce qu’il ou elle a à offrir, alors soyons sûr que l’abus pointera son nez tôt ou tard, sous une forme ou sous une autre.
Que tu te fasses désirer ou que tu désires, interroge toi sur la nature de ce désir. Est-ce que ce désir s’accommode des exigences d’un amour comme celui que le Seigneur nous a manifesté ? S’accommode t-il de la patience, de l’altruisme, de la maîtrise, du sacrifice, de l’honnêteté, de la pureté ? Sinon apprends à regarder non « à ce qui frappe les yeux, mais… au cœur », comme le Seigneur (1 Samuel 16.7). Apprécie les autres et laisse-toi apprécier d’eux ou d’elles, non pour ce qui est extérieur, réservé et exclusif, mais pour ce qui est intérieur et qui doit être partagé.
Sois abondamment béni(e) !
Lire la partie 1 : Entre amour et désir (I)
Vendredi, 09 Janvier 2026 —Freddy S.

