« Oui, la souffrance et l’angoisse attendent tout homme qui pratique le mal, d’abord le Juif et aussi le non-Juif. Mais l’approbation de Dieu, l’honneur et la paix seront accordés à celui qui pratique le bien, quel qu’il soit, d’abord le Juif et aussi le non-Juif, car Dieu ne fait pas de favoritisme. »

Romains 2. 9-11

C’est l’histoire d’un homme, Pierre Chambard, qui fit appeler son notaire un vendredi de décembre 1761. A 55 ans, accablé par la maladie, Pierre Chambard craint le pire. Couché dans son lit, en présence du notaire et sept témoins, le souffle court et la voix basse, il annonce ses dernières volontés. Pour le « repos de son âme et de sa famille », il demande que vingt grandes messes de requiem, et dix basses, soient prononcées par monsieur le curé sitôt qu’il aura quitté notre monde. Ainsi espère-t-il être pardonné de ses péchés et éviter l’enfer. Quant à son corps, maître Chambard souhaite qu’il soit enterré « dans la chapelle de l’église de Villeurbanne ». Un paysan pauvre n’aurait eu droit qu’au cimetière mais lui, un notable du village, mérite les honneurs de l’intérieur du sanctuaire. Puis vient l’objet principal du testament, le sort de ses biens. Pour « assurer la paix et l’union dans sa famille », l’homme malade fait consigner ceci : à sa fille Virginie, mariée, il lègue une somme ridicule de 10 Livres. A son autre fille, Antoinette, encore célibataire, il lègue 500 Livres, soit cinquante fois plus que sa sœur. Son fils Philibert, unique homme de la fratrie, héritera de la totalité de ses biens meubles et immeubles, ainsi que son épouse. Le fils en tant que propriétaire, et l’épouse, une fois veuve, en tant qu’usufruitière. 

Du favoritisme à plusieurs niveaux. M. Chambard pense obtenir la faveur du paradis parce qu’il aura commandé de grandes messes et que son statut de notable lui vaudra un enterrement dans la chapelle. M. Chambard répartit son héritage suivant différents critères notamment le statut matrimonial et le genre. Et pourtant, même s’il avait une garantie quant au respect de ses volontés, il n’en avait aucune sur l’issue éternelle de sa vie. Du haut de sa position, il avait oublié un détail capital : Dieu ne fait pas de favoritisme (Romains 2.11).

Dans ce passage de l’épître aux Romains, en parlant de race, Paul parle de critères humains. En effet, selon les contextes, le monde a tendance à élever les hommes d’une certaine origine (race, tribu, ethnie), d’un certain statut social, d’une certaine classe. Mais Dieu n’a qu’un critère : la foi qui produit les œuvres de justice. Il ne s’agit pas de récompenser celui qui aura produit d’abondantes œuvres, mais d’honorer celui qui lui aura consacré sa vie et fait sa volonté. En effet, nos bonnes œuvres expriment notre réponse à ce que Dieu a accompli, sans être une condition pour obtenir sa faveur. La faveur de Dieu ne se flatte pas, ne se marchande pas, puisqu’elle ne se mérite pas, quel que soit ce que nous accomplissons de bien. 

Juif ou non juif, blanc ou noir, riche ou pauvre, esclave ou homme libre, serviteur ou maître, homme ou femme, marié ou célibataire, enfant ou adulte, nous avons tous reçu de Dieu, à travers le sacrifice de Jésus-Christ, le même héritage, sans inégalité. La question est : qu’en avons-nous fait ?

Sois abondamment béni(e) !

Lundi, 09 février 2026 — Feel M.

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