« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous fussiez enrichis. »

2 Corinthiens 8.9

Pour que le sacrifice de Jésus-Christ à la croix soit parfait, il fallait qu’il devienne comme l’homme, en revêtant sa misère, sa pauvreté. Le mot utilisé ici en grec, c’est ptocheuo, qui veut dire être pauvre, tomber dans la pauvreté, vivre dans le besoin, mendier. Le mot décrit une pauvreté extrême, celle de quelqu’un qui n’a absolument rien, au point de dépendre entièrement des autres. Mais ce n’est pas simplement d’une pauvreté matérielle dont il est question ici.

Jésus, dans sa nature divine, possédait tout : la gloire, la majesté, la communion parfaite avec le Père. Il est le Créateur, celui par qui tout existe (Jean 1.3), mais volontairement il a abandonné sa gloire céleste pour entrer dans la condition humaine, dans la souffrance, la dépendance à Dieu le Père, et finalement la croix. Il s’est dépouillé lui-même pour prendre la forme de serviteur (Philippiens 2.7), c’est un abaissement total.

Jésus, en mourant à la croix, a pris notre misérable vie, il a pris nos péchés, transgressions, iniquités, en devenant non pas pêcheur mais péché. Cependant, il n’y a pas que de son côté qu’il y a eu un changement total, mais aussi du nôtre, car en se faisant ainsi pauvre, il nous a rendus riches. En ôtant le péché de notre vie, il ne nous a pas laissés nus, mais nous a revêtus de sa nature sainte, pure, de sa gloire, de sa plénitude. Quelle grâce Dieu nous a faite par le Fils : de riche à pauvre pour nous rendre riches par sa pauvreté.

Mais pourquoi nos vies semblent-elles toujours si misérables ? Pourquoi le péché continue-t-il à dominer sur nous ? Pourquoi avons-nous l’impression que rien n’a changé et continuons-nous à nous comporter comme des pauvres, des êtres iniques ? L’une des raisons est le fait qu’au lieu d’enlever le vêtement souillé pour porter le nouveau vêtement, nous voulons mettre l’un au-dessus de l’autre. Et ça ne peut pas fonctionner.

Jésus s’est fait pauvre, il a enlevé tout ce qui faisait sa richesse pour nous rendre riches, ce qui suppose que pour vivre cette richesse, pour revêtir sa gloire, nous devons aussi nous débarrasser de notre pauvreté. Pour que la vie de Christ soit manifeste en nous, il faut que nous renoncions à notre vaine façon de vivre d’autrefois, que nous acceptions qu’en lui nous sommes de nouvelles créatures, dont la nature n’est pas celle du premier Adam, mais du dernier, qui n’est autre que Jésus-Christ lui-même, ressuscité et glorieux.

Sincèrement, pourquoi s’accrocher à cette vie sans Christ ? À cause de certains plaisirs que nous ressentons dans la chair ? Parce que nous avons l’impression de perdre notre liberté ? Mais laquelle ? Chacun est esclave de ce qui domine sur lui ! Alors pourquoi refuser le Christ ? Pourquoi renvoyer toujours à demain ? Peut-être parce que nous n’avons pas vraiment conscience que notre vie est misérable. Même pour celui qui serait riche matériellement, financièrement ou intellectuellement, la vie de l’homme depuis la chute dans le jardin est une vie de pauvreté, une vie de misère. Si nous prenons conscience de cela, nous verrons que se donner à Christ, ce n’est pas perdre, ce n’est pas renoncer ; au pire, c’est renoncer à une vie misérable, qui en soi n’est pas une grande perte au final.

Sois abondamment béni(e) !

Jeudi, 11 décembre 2025 —Kevine P.

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