« Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. »
Jean 8.6-8
Sur ses pas… admirez l’homme ! (II)
Ils sont bruyants et furieux, les hommes sur les traces de ce rabbin de Nazareth. S’ils le recherchent avec autant de hargne, c’est qu’ils ont une bonne raison de le faire, semble-t-il. Cet enseignant venu de Galilée représentait une menace pour eux. Ces gardiens autoproclamés de la Loi et du Temple de Dieu s’étaient persuadés que « ce Nazaréen, détruira ce lieu, et qu’il changera les coutumes que Moïse … a données. » (Actes 6.14). Mais en réalité, c’est leur position sociale, d’élites juives qui était en jeu. Hommes, femmes, enfants, « voici, le monde est allé après lui » (Jean 12.19). Il fallait s’en débarrasser. Il se pourrait que l’occasion se soit présentée à eux. Ils avaient surpris une femme « en flagrant délit d’adultère » (Jean 8.4). C’est pour cette femme, d’ores et déjà condamnée selon eux et prisonnière entre leurs mains, qu’ils se ruent vers leur ennemi juré « et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser » (Jean 8.4-6).
Et quelle est la réaction de leur interlocuteur ? « Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre » (Jean 8.6). Qu’écrivait-Il ? Nous ne le saurons peut-être jamais ici-bas. Mais est-ce vraiment important ? Si Jean qui raconte cet épisode n’a pas voulu nous en dire davantage, c’est qu’il voulait attirer notre attention non sur les mots tracés sur le sol mais l’attitude extraordinairement calme et pondérée du Sauveur. Jamais Jésus n’est dépassé par les événements. Il ne réagit jamais impulsivement, acculé par la pression. Il avait conscience qu’il était face à un piège. Il savait que s’il y avait quelqu’un que ces « scribes » et les « pharisiens » voulaient lapider encore plus que cette femme, c’était Lui. Elle n’était qu’un appât pour le faire tomber dans leur traquenard. Mais Lui se souciait vraiment de cette femme et même de ses détracteurs encore plus que de prendre ces derniers à revers. Néanmoins quelle posture ! Cela a du surprendre ses adversaires en rogne et peut-être même aussi la femme adultère. À quoi pensait-il ? Qu’allait-il dire ? Son sort était-il scellé ? Allait-il la condamner à son tour ? Et s’il ne le faisait pas, ne se mettrait-il pas en danger et pour une pécheresse convaincue de son crime ? Que pouvait-il d’ailleurs pour elle ? Même avec les meilleures intentions à son égard, la loi était implacable. Elle devait mourir.
Il arrive parfois que nous soyons légitimement au cœur de vives controverses, que nous fassions l’objet d’accusations plus ou moins justifiées, à cause d’actes répréhensibles que nous aurions posés, volontairement ou non. Que nous ayons été pris en flagrant délit ou rattrapés par les conséquences de nos fautes, nous le savons, qu’au-delà des attaques que nous subissons en raison de celles-ci, nous méritons comme cette femme le jugement en vertu de la loi divine. Nous méritons d’être cloué(s) sur un pilori. L’expression du ciel qui nous tombe sur la tête ne nous semble alors jamais aussi appropriée. Il nous vient peut-être même les paroles du roi David sous le coup des invectives d’un ennemi « S’il maudit, c’est que l’Éternel lui a dit : Maudis David ! Qui donc lui dira : Pourquoi agis-tu ainsi ?Laissez-le, et qu’il maudisse ; car l’Éternel le lui a dit. Peut-être l’Éternel regardera-t-il mon affliction, et me fera-t-il du bien à cause des malédictions d’aujourd’hui » (2 Samuel 16.10-12). Nous ne savons si Dieu lui-même, en fin de compte, ne se lèvera pas pour nous donner le coup de grâce que mérite notre culpabilité. Heureusement la suite de notre récit nous révèle que ce n’est pas la façon d’agir de Dieu à l’égard d’hommes et femmes convaincu(e)s de péché. Sur les traces de notre Sauveur, admirons chacun de ses faits et gestes, car même si son calme a de quoi nous interloquer à un moment aussi critique du récit de la vie de la femme adultère et parfois du notre, notons que notre admirable Seigneur ne s’est pas spontanément associé aux accusateurs de cette dernière. Il ne s’associe d’ailleurs jamais à des mouvements de masse extrémistes qui se dissimulent derrière une cause, fut-ce-t-elle religieuse ou morale. Le doigt avec lequel il « écrivait sur la terre » n’est jamais accusateur envers l’âme déjà accablée par le péché. D’ailleurs si les accusateurs de la femme sont également les siens, c’est qu’il était connu comme n’ayant jamais pointé un tel doigt sur qui que ce soit dans ce cas. En effet Il était « la Parole… faite chair… pleine de grâce et de vérité » (Jean 1.14).
Quelque soit le poids de ta culpabilité, des charges qui pèsent sur ta conscience, des reproches mérités ou non qui te sont faits à propos de ces choses que tu sais avoir commises contre Dieu, contre ton prochain, regarde au Sauveur à qui appartient le dernier mot et dont la douce voix même quand elle fait une réprimande n’a rien en commun avec la clameur des hommes.
Sois abondamment béni(e) !
Vendredi, 19 septembre 2025 — Freddy S.

