« Les jours de nos années s’élèvent à soixante-dix ans, Et, pour les plus robustes, à quatre-vingts ans ; Et l’orgueil qu’ils en tirent n’est que peine et misère, Car le temps passe vite, et nous nous envolons. »

Psaumes 90.10

En dépit des doux souvenirs avec grand-mère, trop nombreux pour être comptés, de l’affection que nous nous portions mutuellement, des vertus qui étaient les siennes, des soins dont ses petits-enfants, moi y compris, avons bénéficié de sa part, de ses remarquables talents de choriste évangélique, de son infatigable et formidable ardeur à tout type de travail domestique et manuel, pouvait-elle prétendre avoir compris et cru à l’Évangile de Jésus-Christ avant ses derniers jours sur terre ? La belle confession de foi qu’elle a fait alors, ses touchantes paroles de repentance qui ont précédé cette confession, le rayonnement d’un visage candide, joyeux et apaisée qui l’a suivie me laissent penser que non. Moi-même avant mes années à la fac, je ne comprenais ni n’avais la foi en un Jésus puissant pour me sauver de mes péchés et du jugement de Dieu. Telle est la grâce de Dieu aussi bien envers les jeunes, les adultes qu’à l’égard des personnes âgées, tant envers les personnes en pleine possession de leurs facultés que vis-à-vis de celles dont les capacités périclitent. Cette grâce ne dépend nullement de l’âge, de nos moyens, de nos œuvres, de notre statut dans la société humaine. 

L’histoire des rois juifs, nous révèle la grâce souveraine, immense et impénétrable de Dieu, notamment à travers la comparaison entre deux règnes : celui du roi Ézéchias et du roi Manassé. Nous avions déjà eu un bref aperçu du premier. Nous allons introduire le second. Si Ézéchias est cité comme l’exemple d’un bon roi, Manassé qui n’est nul autre que son fils et successeur se situe aux antipodes. Très mauvais roi, il introduisit l’idolâtrie, pratiqua la magie, les sacrifices d’enfants, et éloigna le peuple de Dieu. Mais curieusement alors que son père n’a eu que 29 ans de règne, lui en a eu 55, l’un des règnes les plus longs de Juda (2 Rois 21.1-18 ; 2 Chroniques 33.1-20). C’est au cœur d’un tel paradoxe que la grâce de Dieu brille bien au-delà de toute compréhension humaine, car les textes sacrés nous relatent qu’après avoir été capturé par les Assyriens, ennemis jurés de Juda à cet époque, Manassé se repentit et rétablit le culte du vrai Dieu. Nous n’aurions pas pu prédire un tel retournement de situation comme je n’aurais pas pu imaginer que Dieu accorderait à grand-mère Martine une repentance à 83 ans. Et pourtant cela a été bien le cas. 

Pourquoi certains sont rapidement fauchés par la mort tandis que d’autres battent des records de longévité ? Seul Dieu en connaît la réponse. Néanmoins sachons le, pour le Seigneur : « Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut. » (2 Corinthiens 6:2). Ne jouons donc pas à la roulette russe en remettant à demain le nôtre. Nous n’aurons pas tous le privilège de Manassé : celui d’être brisé et humilié par la main à la fois sévère et miséricordieuse de Dieu, afin de se voir accorder la repentance. « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! »  (Romains 6 :1-2). L’exemple de Manassé peut être encourageant pour ceux qui prient pour un des leurs, encore non-converti. En revanche il peut être fragile et trompeur pour celui ou celle qui s’y appuie pour retarder sa conversion à Jésus. Faut-il le préciser, à côté de Manassé, l’histoire biblique mentionne d’autres mauvais rois demeurés impénitents et dont Dieu a abrégé le règne et la vie.  « Achazia avait vingt-deux ans lorsqu’il devint roi, et il régna un an à Jérusalem… » (2 Rois 8.26-27 ; 2 Chroniques 22.1-9). « Après tout cela (8 ans de règne), l’Éternel le (Joram) frappa d’une maladie d’entrailles qui était sans remède… Il mourut dans de grandes souffrances » (2 Chroniques 21.18-20). « Ammon avait vingt-deux ans quand il devint roi, et il régna deux ans à Jérusalem. Il fit ce qui est mal aux yeux de l’Éternel… Ses serviteurs conspirèrent contre lui et le firent mourir dans sa maison » (2 Rois 21.19-23 ; 2 Chroniques 33 :21-24). Ces exemples un peu glauques n’ont pas pour but d’incommoder mais d’enseigner que l’offre de salut en Jésus, du Souverain de l’univers ne se refuse pas, ne se repousse pas. Nul ne peut prédire ce que sera demain. Nul ne peut mesurer aussi bien la grandeur de la miséricorde de Dieu que la sévérité de ses exigences ou l’étendue de sa patience. 

Sois abondamment béni(e) !

Jeudi, 27 novembre 2025 —Freddy S.

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