« Que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler… »

Jacques 1.19

– Lucas, tu me reçois ? C’est Mike.

– Salut ! C’est Lucas.

– Je sais que c’est toi. Tu dis : « à toi », quand tu as fini de parler comme ça on ne se coupe pas. À toi !

– J’ai fini de parler. À toi !

Ainsi s’ouvre une conversation animée entre Mike Wheeler et Lucas Sinclair, deux enfants et personnages d’une série télévisée de Science-fiction. Il s’agit d’un jeu de rôle où les enfants s’amusent à communiquer avec un talkie-walkie en imitant des agents secrets, des policiers, des militaires ou des explorateurs. Une chose remarquable dans notre court extrait est le code utilisé par nos deux amis pour se passer mutuellement la parole sans se couper : « à toi ». Ce code traduit un souci d’ordre et d’harmonie, celui de réguler une conversation de manière à limiter utilement son temps de parole et à favoriser l’écoute pour une meilleure compréhension mutuelle. Quelle belle leçon pour nous ! Ce n’est pas pour rien que le Seigneur Jésus a dit des enfants que « le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » (Matthieu 9.14). 

Ce n’est pas gagné ! Parce que plus nous prenons de l’âge, plus nous nous éloignons naturellement de l’enfance, et avec celle-ci, de la simplicité. Nous monopolisons la plupart de nos échanges verbaux jusqu’au mot de la fin. Spécialistes des discussions vaines, nous aimons débattre inutilement même sur des sujets sans importance. Nous sommes atteints d’une maladie que 1 Timothée 6.4 décrit comme « la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons. » Elle est causée par nos sursauts d’orgueil doublés de notre ignorance quant à ce qui vaut la peine d’être dit. Nous voulons, non pas apprendre de Dieu et des autres, mais faire valoir avant tout nos pensées, notre vision du monde, notre point de vue. Ce qu’il y a de particulièrement grave dans notre débit accéléré et incontrôlé de paroles c’est que «  quand les paroles sont nombreuses, le péché ne manque pas » (Proverbes 10.19). Et « au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu’ils auront proférée. » (Matthieu 12.36). 

Ces dernières paroles sont celles de Jésus qui ne nous a pas seulement confrontés à l’exemple des enfants. Il a incarné à la perfection dans sa propre vie cet exemple. Jamais un mot de trop ! On le voit à diverses occasions dans les Évangiles faire preuve de la plus grande retenue en accordant également toute son attention aux autres. Il tendait à la fois la perche et l’oreille. Il tenait à écouter ce que les autres avaient à dire. Il n’a jamais eu l’ « oreille trop dure pour entendre » (Ésaïe 59.2) les cris de détresse, les prières et supplications élevées vers Lui, ainsi que les questions sans réponse qui n’attendaient que Lui. Même ses détracteurs et contradicteurs ont eu voix au chapitre. Leurs commentaires antipathiques, leurs propos acerbes à son égard et leurs interrogations incrédules sont tout aussi bien rapportés que ses réponses empreintes de patience, de sagesse et de justice. « Les pharisiens l’abordèrent et dirent, pour l’éprouver …», « Les pharisiens survinrent et se mirent à discuter avec Jésus, pour l’éprouver » (Matthieu 19.3 ; Marc 8.11). En se laissant aborder ainsi, jamais Jésus ne s’est laissé prendre au piège de discussions futiles. Gagner des débats n’était pas son but. Prompt à rendre le micro ou l’antenne, pour ainsi dire, il n’a jamais coupé aux autres la parole pourtant il savait toutes choses, et n’avait besoin que personne l`interroge (Jean 16.30). Aujourd’hui encore à la droite de Dieu, Il écoute. Il accorde une attention particulière à ceux qui se confient en Lui. « Nous avons auprès de lui cette assurance, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute. » (1 Jean 5.14). Il ne nous écoute pas seulement. Il nous apprend également à nous écouter réciproquement, à être lent à la parole et prompt à dire à notre prochain «  à toi  » pour qu’ on ne se coupe pas ».

Sois béni(e) abondamment !

Lundi, 10 mars 2025 — Freddy S.

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