« Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l’Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, après qu’ils furent écoulés, il eut faim. »

Luc 4.1-2

Souvent, il nous arrive de ne même pas ressentir le besoin de manger tellement nous sommes absorbés par nos appareils, réseaux et groupes. On scrolle, dans une rotation régulière du cou, sans même plus savoir ce qu’on regarde. Des statuts, on en publie tous les jours, sans but ni objectif. Des posts, on en scrute en temps réel, à temps plein, consommant à la fois le bien et le mal. Du matin au soir, il nous arrive de zapper tous nos repas, légumes et fruits compris, sans avoir décrété un jeûne pour autant. Et quand on jeûne, la distraction est double parce que, conscient de la privation volontaire, le corps a tendance à réclamer un besoin créé par habitude, notamment celui de manger. Rien à voir avec la famine. 

Un article du site Science et Vie révèle que des patients obèses soumis à un jeûne thérapeutique sont capables de résister 100 jours sans manger ; et un sujet lambda jeune en bonne santé générale et bonne forme physique, 40 jours sans manger. Evidemment, ça dépend de chaque individu, et les avis médicaux varient en fonction de différents critères. Mais pendant le jeûne, confronté au semblant de famine, tout est fait pour faire rapidement passer le temps : vidéo sur vidéo, film sur film, fil sur fil. Le silence avec Dieu, on n’en veut pas. « Et puis, que va-t-on lui dire pendant tout ce temps ? Prier le matin et le soir comme d’habitude, c’est suffisant ! » Se dit-on. Parfois, on dort toute la journée, pressés de voir le soleil se coucher pour enfin, le jeûne, « couper ». Et ceux qui travaillent, travaillent à fond, pressés à 18h de pointer. Du coup, à quel moment a-t-on réellement jeûné ? En laissant le robinet des distractions ouvert, sans passer plus de temps dans la méditation et la prière ? A quel moment Dieu a-t-il eu le temps de nous parler ? Qu’est-on venu chercher ? Notre manière de jeûner dit beaucoup de nos motivations à jeûner. Nous aimons manger. Mais plus que manger, il y a tant de choses que nous aimons et dont nous n’arrivons pas à nous défaire, même pas le temps d’un jeûne. Nous refusons de nous priver de tout ce qui nourrit notre quotidien pour être en compagnie de Dieu, comme s’Il était ennuyeux. Et pourtant, c’est dans cette présence que nous pouvons nous regarder en face, reconnaître les addictions qui menacent notre intimité avec Lui et notre consécration, et nous en débarrasser. 

En termes de privation, la nourriture ne peut donc pas être la seule concernée. Sinon, comment ferait ceux qui, pour des raisons de santé, ne peuvent parfois pas, pendant une courte ou longue période, s’abstenir de manger ? Pour des questions réelles de santé, il est généralement conseillé à celui ou celle qui désire jeûner d’évaluer la faisabilité en concertation avec son médecin afin de trouver la manière la plus efficace de le faire, s’accorder sur les aliments à consommer et les aliments à mettre de côté. Jeûner en mangeant essentiellement des légumes et fruits, jeûner en buvant de l’eau, jeûner en s’abstenant de féculents, jeûner de poisson et de viande, tout est adaptable quand on n’a pas le choix, en fonction des traitements auxquels on est soumis. Raison pour laquelle, jeûner ne peut pas être qu’une question de manger et de boire. Additionnellement, ou à défaut, il faut aller chercher les privations ailleurs que dans le menu du jour, au lieu de trouver dans la santé un bon prétexte pour éviter d’avoir à jeûner. 

Sois abondamment béni(e) !

Mardi, 16 juin 2026 — Feel M.

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