« Jonadab lui dit: Mets-toi au lit, et fais le malade. Quand ton père viendra te voir, tu lui diras: Permets à Tamar, ma sœur, de venir pour me donner à manger; qu’elle prépare un mets sous mes yeux, afin que je le voie et que je le prenne de sa main. »
2 Samuel 13.5
Entre amour et désir (8)
Si Jonadab avait vécu à notre époque, il aurait peut-être décroché le rôle de Hitch, expert en séduction, dans la comédie romantique américaine éponyme sortie en 2005. Amnon, malade d’amour, avait de quoi être fier d’avoir à ses côtés, à Jérusalem, un consultant en séduction qui aide des hommes à conquérir la femme de leurs rêves. La méthode de ce dernier était toute trouvée, tant « Jonadab était un homme très habile » (2 Samuel 13.3). Son client et ami devait faire une seule chose : jouer le malade. Il devait, à côté de ses chagrins de cœur, simuler une maladie physique afin d’appâter la belle Tamar.
Le bon vieux classique de la victime a toujours servi – et servira toujours – entre les mains d’âmes peu honnêtes envers elles-mêmes ou avides de conquérir, par tous les moyens, dans le domaine des sentiments. Nul doute que chacun de nous porte en lui quelques blessures du passé, qui ne demandent qu’à être guéries, si elles ne le sont pas déjà. Néanmoins, faisons attention à ne pas utiliser ces blessures comme instruments de séduction ou leviers stratégiques pour amadouer et parvenir à nos fins. À l’inverse, prenons garde à ne pas nous laisser prendre au piège de ceux ou celles qui veulent nous persuader qu’ils ou elles ont été les seuls à subir le passé, et que nous serions les sauveurs de leur détresse émotionnelle. Dieu est contre toute ruse utilisée pour séduire. Jouer la victime afin de s’attirer sympathie et affection en est une. Cela n’a pas réussi à Adam et Ève. La fin tragique d’Amnon prouve que cela n’a pas non plus fonctionné pour lui. À nous aussi, cela ne nous sera d’aucun profit.
Si nous aimons vraiment, alors soyons vrais, autant envers Dieu qu’envers les autres. Nous n’avons pas besoin de ruser ni de jouer sur des cordes sensibles pour trouver l’amour en Dieu et en notre prochain. L’amour véritable et le désir coupable ne procèdent jamais de la même manière.
Sois abondamment béni(e) !
Dimanche, 31 mai 2026 — Freddy S.

