« En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. »

Matthieu 6.7   

Battaloguéo. C’est le mot en grec pour dire « Ne multipliez pas de vaines paroles ». Ce mot est généralement utilisé pour décrire ce que fait le perroquet ou le soûlard : parler sans réfléchir, parler pour ne rien dire. Rien à voir avec la dimension temporelle de la prière. Battaloguéo c’est répéter sans cesse les mêmes choses, utiliser de nombreux mots inutiles, babiller, jaser. Qui se plairait dans une telle conversation ? Pas étonnant que les perroquets agacent, même quand ils sont charmants. 

Dans nos rapports les uns avec les autres, nous avons tous besoin de sincérité, y compris dans les mots. C’est aussi ce que le Seigneur Jésus nous demande : que notre prière vienne du plus profond de notre cœur et non du bout des lèvres, parce que prier c’est communiquer et communier avec lui.

Dans son livre Connaître Jésus c’est tout, Alejandro Bullon raconte cette scène : « Quand le plus jeune de mes enfants avait cinq ans, il n’aimait pas manger les légumes […]. Un jour, à l’heure du déjeuner, la table était remplie de choses vertes. Immédiatement, son sourire a disparu. Quand nous lui avons demandé de faire la prière, il pria ainsi : « Père, je suis triste ; aujourd’hui, il n’y a que des plantes à manger ». »  Un adulte à la place de cet enfant aurait dit : « Merci Seigneur pour ce bon repas, bénis-le, sanctifie-le. Amen ! ». Non pas que la reconnaissance aurait été une mauvaise chose, mais elle aurait peut-être été sans conviction ni sincérité, ou juste un réflexe des formules habituelles. 

C’est le problème que nous avons avec la prière. Certains essayent de la faire durer par « de vaines paroles », d’autres ne veulent pas la faire durer par « de vaines paroles ». Mais dans les deux cas, nous finissons par dire les mêmes choses parce que nous sommes habitués à parler ainsi. Le jour, nous remercions Dieu pour la nuit, et la nuit nous remercions Dieu pour le jour. Des prières cadrées selon la situation, que l’on pourrait plastifier, tellement elles ont été mémorisées. Et ce facteur temps, tantôt nous stresse, tantôt nous presse, parce que loin de la sincérité du cœur qui s’adresse à son ami le plus intime, nous recherchons la performance ou la sensation du devoir accompli. C’est tout, sauf la prière.

Sois abondamment béni(e) !

Samedi, 07 février 2026 — Feel M.

Retour en haut