« Mais tout cela n’est d’aucun prix pour moi aussi longtemps que je verrai Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi. »

Esther 5.13

Une chose obsédait Haman : la concurrence. Un seul prince c’était assez pour le roi. Qui d’autre que lui pouvait accéder à une telle position ? Il n’avait de fait tout ce chemin pour n’être qu’un prince de plus, pour que sa voix se mêle à celles des autres. Non, elle devait être prépondérante. Cela arrive comme il le souhaita. « Après ces choses, le roi Assuérus fit monter au pouvoir Haman, fils d’Hammedatha, l’Agaguite ; il l’éleva en dignité et plaça son siège au-dessus de ceux de tous les chefs qui étaient auprès de lui. Tous les serviteurs du roi, qui se tenaient à la porte du roi, fléchissaient le genou et se prosternaient devant Haman, car tel était l’ordre du roi à son égard. » (Esther 3.1-2). Haman se tenait désormais aux côtés du roi sur le toit du monde. Il avait tout pour lui : l’argent, le pouvoir, la stabilité, le prestige, l’autorité, l’honneur, la majesté. C’était une vie plutôt réussie. Que pouvait-il lui manquer ? Quel problème ne pouvait-il pas régler d’un simple geste ? Imaginons nous à sa place, imaginons ce que nous pourrions accomplir, ressentir, recevoir. Peut-on vraiment parler encore d’un cœur vide, d’un besoin existentiel que les richesses matérielles ne pourraient pas combler ? 

Peut-être faut-il l’ajouter, Haman avait une spiritualité, une religion qui faisait de l’homme le centre de l’univers, dans laquelle Dieu n’avait pas de place et n’était même pas nommé, une religion compatible avec le culte de sa personnalité et celle du roi qu’il vénérait. Encore une fois, que peut-il bien manquer à un homme de cette catégorie, de cette opulence, de cette influence, de cette notoriété ? Pour quelles raisons ne l’envierons-nous pas ? Blaise Pascal en parlant de l’abîme dans le cœur humain avait-il sérieusement pris en compte des cas comme celui-là ? Son affirmation n’était-elle pas un peu péremptoire ? Eh bien ! Non ! Parce que tout premier ministre qu’il était, Haman n’était pas pleinement satisfait. Après avoir personnellement reçu l’invitation d’être l’unique invité  du couple royal à un festin, « Haman sortit ce jour-là, joyeux et le cœur content. Mais lorsqu’il vit, à la porte du roi, Mardochée qui ne se levait ni ne se remuait devant lui, il fut rempli de colère contre Mardochée. Il sut néanmoins se contenir, et il alla chez lui. Puis il envoya chercher ses amis et Zéresch, sa femme. Haman leur parla de la magnificence de ses richesses, du nombre de ses fils, de tout ce qu’avait fait le roi pour l’élever en dignité, et du rang qu’il lui avait donné au-dessus des chefs et des serviteurs du roi. Et il ajouta : Je suis même le seul que la reine Esther ait admis avec le roi au festin qu’elle a fait, et je suis encore invité pour demain chez elle avec le roi. Mais tout cela n’est d’aucun prix pour moi aussi longtemps que je verrai Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi. » (Esther 5.9-15). 

Est-il encore besoin de convaincre davantage de la justesse d’un propos qui défie tout homme de trouver ailleurs qu’en Dieu la seule plénitude capable de répondre parfaitement à son besoin de sens et de but, son besoin de connaître la félicité et de combler son vide intérieur ?

Sois abondamment béni(e) !

Mardi, 06 Janvier 2026 —Freddy S.

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