« Mais tout cela n’est d’aucun prix pour moi aussi longtemps que je verrai Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi. »

Esther 5.13

« Il y a dans le cœur de l’homme un vide en forme de Dieu, que rien de créé ne peut remplir, sinon Dieu même, Créateur, se faisant connaître par Jésus-Christ. » (Pensées, fragment 148, éd. Brunschvicg). Saviez-vous que l’auteur de cette citation n’était nul autre que le mathématicien de génie, philosophe moral et apologète chrétien, Blaise Pascal ? En tant qu’homme de sciences, il n’était pas seulement le père des probabilités et du théorème qui porte son nom. Il était également un physicien de premier plan, auteur d’expériences décisives sur la pression atmosphérique et – tenez vous bien – le vide. Nous apprenons avec lui, qu’au-delà du monde observable, il y a un autre vide que celui de la nature, un vide existentiel et spirituel que ni la science, ni la raison ni le plaisir ne peuvent combler, un vide que seul Dieu peut remplir de Sa présence. Après avoir lui-même vécu l’angoisse de ce vide quand il a dit : « Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie », il en a découvert et expérimenté la solution :« Feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude. Certitude. Sentiment. Joie. Paix. »

Avant lui, un homme a été confronté à ce vide mais a connu un sort différent parce qu’il en ignorait la nature et l’étendue. Cet homme c’était le prince Haman, le personnage le plus important de l’Empire médo-perse, après le roi Assuérus. « Le roi Assuérus fit monter au pouvoir Haman, fils d’Hammedatha, l’Agaguite ; il l’éleva en dignité et plaça son siège au-dessus de ceux de tous les chefs qui étaient auprès de lui. » (Esther 3.1). Avec l’ascension sociale, Haman avait tout ce dont l’homme pouvait naturellement rêver : gloire, fortune, honneur, prestige et plaisir. Descendant du peuple des Amalécites, il avait même obtenu du roi la signature de l’arrêt de mort de ses ennemis jurés : les Juifs. (Exode 17.16 ; Esther 3). Et pourtant il avait encore une épine dans ses chaussures et cette épine s’appelait Mardochée, un juif particulièrement téméraire, qui refusait de ployer l’échine devant lui. « Tous les serviteurs du roi, qui se tenaient à la porte du roi, fléchissaient le genou et se prosternaient devant Haman, car tel était l’ordre du roi à son égard. Mais Mardochée ne fléchissait point le genou et ne se prosternait point…Et Haman vit que Mardochée ne fléchissait point le genou et ne se prosternait point devant lui. Il fut rempli de fureur ; » (Esther 3.2,5).

Mais qui était ce Mardochée ? Quel valeur avait-il ? À quoi son allégeance allait bien servir ? Qu’est ce qu’elle aurait ajouté à tout ce que Haman possédait déjà ? Après tout, Mardochée n’était qu’un citoyen ordinaire en exil, sans rang noble. Il était si insignifiant face à Haman que ce dernier aurait pu l’ignorer tout simplement. Non ! Écoutez-le même après le sentiment agréable d’avoir été honoré, cette fois par la reine : «  Je suis même le seul que la reine Esther ait admis avec le roi au festin qu’elle a fait, et je suis encore invité pour demain chez elle avec le roi. Mais tout cela n’est d’aucun prix pour moi aussi longtemps que je verrai Mardochée, le Juif, assis à la porte du roi. » (Esther 5.12-13). Quelle illustration frappante du vide dans le cœur humain ! Comme Haman, nous n’estimons pas assez ce que nous avons et nous sommes parfois prêts à tout pour obtenir ce que nous n’avons pas. Nous nous trompons sur la profondeur du gouffre qui nous habite et sur notre vrai besoin. Nous pensons qu’acquérir une chose après une autre – des objets de convoitise le plus souvent – nous satisfera. Même déçus dans nos attentes, nous nous berçons de l’illusion que notre prochaine conquête, notre prochaine entreprise, notre prochaine acquisition tiendra ses promesses. Ce n’est pas bien compliqué de nous imaginer dans les chaussures de Haman. Nous lui ressemblons à bien des égards. Un affront, une contrariété, un manque, un refus essuyé, une lacune, une seule erreur et nous y mettons un tel prix que plus rien ne compte. C’est une indication suffisante que notre cœur est insatiable et qu’il faut bien plus que la finitude des personnes et des choses pour le nourrir. 

Sois abondamment béni(e) !

Dimanche, 04 Janvier 2026 —Freddy S.

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