« Quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. »

Matthieu 6.6

Jésus nous connaît si bien. Il connaît notre tendance à rechercher notre gloire personnelle. Nous n’envions pas seulement les richesses d’autrui, nous envions aussi la gloire. Pire encore, nous ne faisons pas de distinction entre celle des hommes et celle de Dieu. Jésus l’a révélé dans Son fameux sermon sur la montagne quand Il visait la manie que nous avons de faire des choses même spirituelles comme prier, pour être appréciés des hommes. « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment prier debout dans les synagogues et aux coins des rues pour être vus des hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. » (Matthieu 6.5). Il s’est servi d’une pratique courante de son époque pour dénoncer toutes les formes  d’hypocrisie poursuivant une vaine gloire. Aujourd’hui encore, on peut voir des hommes et des femmes se lever dans des rassemblements religieux, faire étalage de leur éloquence et habileté à prier. Parfois au terme d’une prière dite à la faveur d’un dîner, d’une petite réception, d’une collation, on reçoit des compliments pour la ferveur et la verve dont on vient de faire preuve. Il nous arrive même d’imaginer Dieu tout aussi impressionné que nous d’entendre une de ces prières bien construites et bien formulées, pourvu seulement qu’elles ne soient pas trop longues au point de nous impatienter et de faire refroidir le repas. 

Les enseignements de Jésus nous obligent à adopter un regard différent. « L’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » (1 Samuel 16.7). Il ne sert donc à rien de faire des prières pour l’apparence. Il est encore plus inutile de multiplier de paroles comme des personnes qui ne connaissent pas Dieu, s’imaginant qu’à force de paroles nous serons exaucés. (Matthieu 6.7). Le discernement, la sagesse, la sincérité, la sobriété et l’humilité ainsi recommandés dans le cadre de la prière écrasent dans l’œuf l’hypocrisie religieuse qui peut malheureusement prendre des formes encore plus subtiles, toujours dans le but d’obtenir des hommes une récompense. Peut-être parvenons-nous à nous retenir de nous donner en spectacle par la prière lorsque nous la faisons en public. Mais qu’en est-il après, lorsque les prières au sujet des autres ont été exaucées par exemple ?

Ne nous est-il jamais arrivé de vouloir subtilement nous en attribuer le mérite, en laissant entendre à ceux pour qui nous avons prié, ainsi qu’à d’autres, que nous sommes en grande partie responsables des bienfaits qu’ils reçoivent et que nous considérons comme la réponse directe à nos prières ?  Je dois le premier en confesser la triste expérience.  Telle est l’ambition secrète de la vanité humaine. Pour y faire face et y mettre un terme, le Seigneur lui oppose la prière secrète (notre texte de référence). S’il y a une chose que Dieu aime nous voir garder dans le secret et l’intimité avec Lui c’est le bien que nous faisons pour les autres, en paroles et en actes. Dieu veut tant accomplir par nos prières mais parfois se contente de peu pour prévenir le l’orgueil et la vantardise surtout après y avoir succombé. Jacques dit : « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, pour satisfaire vos passions. » (Jacques 4.3). Nous pouvons dire aux autres que nous prierons pour eux pour leur montrer combien nous souhaitons les soutenir. Cependant, ce n’est pas la même chose de leur dire que nous avons prié pour eux si nous ne sommes pas sûrs de résister à la tentation de  partager avec Dieu Sa gloire. Optons pour la prudence et la discrétion. Après tout, nous voulons voir nos prières exaucées pour le bien des autres, non pour nous en flatter ou nous-en féliciter. 

Sois abondamment béni(e) !

Samedi, 03 Janvier 2026 —Freddy S.

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