« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux ; vous n’y entrez pas vous-mêmes, et vous n’y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. »

Matthieu 23.13

Qu’est-ce qui est plus confortable, soutenir le puissant ou le confronter quand il a mal agi ? Prêcher la patience ou dénoncer l’injustice ? Certains, au nom de Dieu, ont appris à sacraliser le mal. Est-ce de la sagesse ou s’agit-il d’une compromission spirituelle et intellectuelle ?  Pourquoi tu perds ton temps à réfléchir, de toute façon :  « Dieu fera », n’est-ce pas ?

Dans le monde comme dans l’Église, des injustices sont cautionnées sous couvert des discours pieux. On demande aux opprimés de prier davantage pendant que les puissants continuent d’abuser de leurs positions. Pour les croyants, on évoque la souveraineté de Dieu pour éviter toute remise en question. Pourtant, la Bible ne nous présente pas un Dieu complice de l’oppression, ni du mensonge, encore moins un Dieu inactif mais un Dieu qui entend le cri des affligés, qui prône la vérité et qui agit au temps convenable. Cette posture ouvre la porte à la manipulation. Lorsque la responsabilité est systématiquement renvoyée à Dieu, celui qui a autorité n’a plus de comptes à rendre. Sa parole sacralisée devient alors un outil de contrôle, et non un chemin qui mène à la vérité. Jésus n’a jamais validé ce système. Il a confronté les chefs religieux qui chargeaient les autres de fardeaux qu’eux-mêmes refusaient de porter (Matthieu 23.4).

Dieu n’a jamais demandé à ses serviteurs de légitimer l’injustice en Son nom. Il cherche des sentinelles, pas des spectateurs spirituels. Refuser de nommer le mal sous prétexte de foi, ce n’est pas de la piété, c’est de la méchanceté et de la lâcheté. La foi qui plaît à Dieu ne dissocie jamais la vérité de la responsabilité (Michée 6.8). Certains discours séduisent, parce qu’ils apaisent certaines consciences. Ils permettent de rester du côté des puissants tout en conservant un vernis spirituel. On parle de paix où l’on doit parler de justice. On évoque l’amour où l’on devrait mettre en avant la vérité.

Sois abondamment béni(e) !

Samedi, 27 décembre 2025 —Exaucé M.

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