Amnon fut atteint d’un grand désir pour Tamar, la sœur d’Absalom, fille de David…il la força à coucher avec lui. Après cela, Amnon la détesta tellement qu’il la repoussa brutalement, lui disant : « Sors d’ici ! »

2 Samuel 13.2-11

Si nous aimons, chérissons et protégeons l’intégrité sous toutes ses formes (physique, morale), alors nous aurons en horreur les abus quel qu’ils soient. Quand ceux-ci touchent à l’intimité, ils sont particulièrement intolérables. Ils ne sont pas plus supportables quand ils affectent la santé mentale ou émotionnelle. Une histoire tragique dans la Bible l’illustre assez bien : celle de Amnon et sa demi-sœur Tamar, deux enfants du roi David. 

En guise d’introduction, 2 Samuel 13.1-14 raconte qu’ « Amnon était si troublé par sa sœur Tamar qu’il en tomba malade.» (V.2. FC). C’est le langage biblique pour parler d’une passion forte et dévorante, de sentiments beaucoup trop puissants pour être contenus. Autrement dit c’est tomber amoureux au point d’en devenir malade. On devient obsédé par la personne désirée. On ne pense plus qu’à elle. L’avoir seul compte. Rien d’autre n’a d’importance. Telle fut l’expérience d’Amnon, typique de bien de séries à l’eau de rose pas si éloignées de la réalité sur ce point particulier. À ce stade, il n’est pas difficile d’imaginer notre beau prince jurer n’avoir jamais ressenti quelque chose d’aussi fort pour une femme ou penser que Tamar était faite pour lui et qu’une telle passion ne pouvait s’expliquer autrement. Malheureusement, cela se résume uniquement à un grand désir, rien de plus. C’est ainsi que Dieu a vu ce torrent déferlant dans le cœur du jeune homme. Et ce torrent fera d’incalculables dégâts comme nous le verrons par la suite. 

Arrêtons-nous un moment pour reconnaître combien il est facile, pour l’homme, de s’abuser lui-même, de se laisser égarer par ses seules émotions, de ne considérer que l’instant présent, de ne pas s’examiner pour déterminer si oui ou non ses sentiments sont les bons et envisager à long terme ce qui pourrait en résulter. Ce qui l’aveugle ce n’est pas la femme désirée mais le désir en lui-même. Malheureusement, dans la plupart des histoires personnelles, ni l’un ni l’autre ne le réalise. On se fie uniquement à ce qu’on ressent ou à ce que l’autre dit ressentir.  Ça peut être sincère parce que ce n’est pas en général prémédité de s’engager dans une intrigue amoureuse qui n’engendrera que souffrances. Seulement est ce authentique et bon ce qui est ressenti ? Il faut se placer dans la lumière de Dieu pour reconnaître que parfois ce n’est pas le cas, qu’on s’avance peut-être un peu trop vite, qu’on manque de lucidité et qu’il vaudrait mieux prendre du recul. « Si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi ; mais toi, domine sur lui. » « Rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement » (Genèse 4.7 ; Hébreux 12.1). Dieu nous met toujours en garde contre cet ennemi en nous, qui ne manquera pas de saisir les moindres occasions pour s’insinuer dans nos affaires de cœur. Or, très souvent nous ne le prenons pas en compte, persuadés que tout ce dont nous avons besoin c’est ce que nous ressentons au moment où nous le ressentons. 

« Amnon était tourmenté jusqu’à se rendre malade à cause de Tamar ». (2 Samuel 13.2 – LSG 1910). Un tel arbre ne pouvait pas porter de bons fruits (Luc 6.43-44).  Il est peut-être tentant quand on est une femme d’être l’objet de toute l’attention masculine, d’être au cœur des pensées d’un autre. Mais il y a un danger : ce qui est sain ne rend pas malade, ce qui est saint purifie et seul Dieu mérite d’être sur le siège de nos cœurs. Seul Lui dans le Christ Jésus mérite d’accaparer toutes nos pensées. Seul Lui peut assainir les eaux troubles de nos sentiments, les détourner d’une fin malheureuse, égoïste et les orienter dans l’intérêt de l’autre (Philippiens 2.4). Il est amour (1 Jean 4.8) et l’un des aspects du fruit qu’Il fait porter est la maîtrise de soi (Galates 5.23). Celle-ci aurait été nécessaire à Amnon et aurait sauvé Tamar, comme la plupart des personnes victimes d’abus et de déceptions. 

Sois abondamment béni(e) !

Lire la partie 2 : Entre amour et désir (II)

Dimanche, 07 décembre 2025 —Freddy S.

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