« Peut-être s’y trouvera-t-il dix justes. Et l’Éternel dit : Je ne la détruirai point, à cause de ces dix justes. »
Genèse 18.32
Petit n’est pas petit (III)
Pour cultiver la solidarité entre les soldats dans l’armée, l’une des règles que l’on applique pendant leur formation est la punition collective. Le groupe est puni pour la faute d’un seul. La même règle est généralement appliquée dans la plupart de nos groupes sociaux : associations, familles…si bien que beaucoup se voient manquer des opportunités par la faute de personnes qu’ils ne connaissent parfois même pas. L’inverse est très rare. Et quand il survient, il ne profite que de manière égoïste à une personne ou une catégorie de personnes bien restreinte.
Le texte du jour est la conclusion d’un plaidoyer, d’une intercession d’Abraham, père de la foi, auprès de l’Éternel Dieu. En effet, Dieu fait connaitre à Abraham son projet de détruire les villes de Sodome et Gomorrhe parce que leur péché est énorme. Abraham qui sait que son neveu Lot et sa famille y sont établis (Genèse 13.12), rappelle à l’Éternel qu’il est un Dieu juste (Genèse 18.23), entreprend de plaider pour lui et les siens certes, mais pas seulement. Et c’est en cela qu’il diffère de beaucoup. Abraham connaissait approximativement les membres de la famille nucléaire de son neveu. Abraham se disait peut-être que Lot avait probablement pu convaincre son entourage de l’existence du Dieu Vivant. Ainsi, il plaida pour que les villes ne soient pas détruites en cas de présence de cinquante, quarante-cinq, quarante, trente, vingt et pour finir dix justes. Il ne plaide pas que pour Lot mais pour l’ensemble, pour la justification par la foi et l’action d’un petit nombre. L’Éternel l’écoute mais n’y trouvera pas la dizaine de justes hélas ! Il détruira lesdites villes.
Le nombre importe peu à de Dieu lorsqu’il veut agir. Une dizaine de justes était requis pour ne pas détruire, c’est vrai. Mais à bien regarder la fin de l’histoire, combien y avait-il finalement de justes dans cette ville ? Les gendres de Lot ont été incrédules (Genèse 19.14), sa femme désobéissante (Genèse 19.26) et le dialogue qui s’engage avant la destruction ne concerne en réalité qu’une personne : Lot (Genèse 19.15-22). Il est le seul qui a pressé les anges de passer la nuit chez lui, les a nourri et les a défendu, allant jusqu’à être prêt à sacrifier ses filles pour eux (Genèse 19.4-8). Il était le seul juste.
Dieu ne fait pas périr le juste avec le méchant, mais la foi du juste peut épargner le méchant. Dieu était prêt à sauver deux villes par la présence de dix justes ; ne les ayant pas trouvés, Il a fait grâce à la femme de Lot qui a montré plus tard qu’elle n’était pas juste, mais a surtout épargné Tsoar qui faisait aussi partie de la plaine décrite « comme un jardin de l’Éternel » (Genèse 13.10).
Bien plus que celui de Lot, le caractère juste de Jésus sacrifié a sauvé l’humanité (Romains 5.7-8) et ce dernier, comme Abraham, intercède sans cesse auprès de Dieu le père pour nous (Romains 8.34) dont l’immensité des fautes arrive à ses oreilles. La Bible nous demande d’être des imitateurs de Christ (Éphésiens 5.1-2).
La question est celle de savoir si tu peux être compté(e) parmi les justes ? Ta foi peut-elle permettre que des impies autour de toi reçoivent la grâce de se convertir ? Combien de fois intercèdes-tu pour ces derniers ? Comme Jésus rappelle-toi que seuls les malades ont besoin du médecin, tu en es un (Luc 5.31)
Sois abondamment béni(e) !
Dimanche, 16 novembre 2025 — Fabrice K.

