« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée ; le Seigneur, le juste juge, me la donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais encore à tous ceux qui auront aimé son avènement. »

2 Timothée 4.7-8

Les collègues d’une défunte, en voulant lui rendre hommage, ont tenu un discours qui se résumait à peu près ainsi : « la défunte savait bien se mettre. Elle était toujours soignée dans son apparence ». C’est sans doute un point positif quand on est une personne de distinction, considérée par la société pour son prestige, mais j’imagine qu’il y a bien des personnes qui souhaitent des éloges funèbres différents. Que souhaitez-vous laisser à la postérité ? Quel témoignage aimeriez-vous laisser ? Vous êtes vous déjà posés la question ? Ça a été le cas de grands personnages de l’histoire parmi les plus célèbres. Tombé gravement malade à Babylone à l’âge de 32 ans, après avoir conquis un vaste empire, Alexandre le Grand, selon certaines sources antiques, aurait demandé à ses proches : « Que laisserai-je à la postérité ? » et aurait ordonné que ses mains restent visibles dans son cercueil pour montrer qu’il partait les mains vides. Compositeur génial mais isolé, sourd, lui aussi malade, Ludwig van Beethoven (1770-1827), peu avant de mourir, aurait confié à un ami : « Plaignez-moi ou admirez-moi, mais souvenez-vous de moi. » Napoléon Bonaparte (1769-1821), en exil à Sainte-Hélène, dans ses mémoires dictées à Las Cases, s’interroge : « Que dira-t-on de moi ? » D’après Suétone, César, la veille de son assassinat, aurait confié à des proches : « Que dira-t-on de César ? Qu’il a été un tyran ou qu’il a sauvé Rome ? »

Songeons-nous, nous aussi, à ce que nos amis et ennemis, proches, voisins, collègues de travail pourraient dire de nous, à notre départ. « Si nous recevons le témoignage des hommes, le témoignage de Dieu est plus grand » (1 Jean 5.9). Si malencontreusement nous ne nous préoccupons jamais vraiment  de ce que les autres diront de nous, réfléchissons néanmoins à ce que dira Dieu à notre sujet. Jésus nous y invite d’autant qu’il nous en a donné un aperçu. En effet, en fonction de la porte par laquelle nous serons passés et du chemin dans lequel nous aurons marché (Matthieu 7.13-14), nous pourrons entendre dire «C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître » (Matthieu 25.21) ou « serviteur méchant et paresseux, …serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. » (Matthieu 25.26,30). Ce sera soit « Venez, vous qui êtes bénis de mon Père ; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde », ou « Retirez-vous de moi, maudits ; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges » (Matthieu 25.34,41), témoignage ultime de la réussite ou de l’échec de toute un vie. 

Puissions-nous être du bon côté. Demandons dès à présent au Seigneur de nous y placer et de nous en donner l’assurance par la foi en Lui. Nous ne sommes pas tous appelés à conquérir des empires ou à occuper une position prestigieuse dans la société, mais là où Dieu nous laisse, nous pouvons vivre, agir, parler et même mourir d’une manière qui résonne jusque dans l’éternité. Le Seigneur ne nous a pas destinés à une existence banale, réduite à un enchaînement de charges, d’obligations, de privilèges, de plaisirs et d’ambitions sans véritable singularité, qui s’évanouiront aussitôt que nous aurons tiré notre révérence. Ce n’était pas la vie de l’apôtre Paul, dont on emprunte souvent les paroles du texte de référence pour en faire une épitaphe, sans toujours comprendre ni mesurer l’âpreté du combat qu’il a mené pour l’avancement du royaume de Dieu et le salut des âmes. Il avait été appelé par Dieu à mener le combat de la foi, et il y répondit par un « oui » ferme jusqu’à son dernier souffle. Dans une remarquable humilité, il se qualifiait lui-même d’« avorton » (1 Corinthiens 15.8) et acceptait qu’on dise de lui : « sa présence physique est faible, et sa parole sans valeur » (2 Corinthiens 10.10). Il ne voyait en lui-même qu’un homme ordinaire, sauvé par la grâce de Dieu. Si nous sommes nous aussi sauvés, alors son combat doit être également le nôtre.

Sois abondamment béni(e) !

Dimanche, 31 août 2025 — Freddy S.

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