« Heureux l’homme… qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, Et qui la médite jour et nuit !… Tout ce qu’il fait lui réussit. »
Psaumes 1.1-3
Réussir ou mourir en essayant (VI)
Logan, un personnage de comics doté d’une faculté de régénération instantanée lui assurant une incroyable longévité, sauva un soldat ennemi japonais lors de la catastrophe de Nagasaki, en servant de bouclier humain. Ce dernier n’oublia jamais le geste, ni l’homme à qui il devait la vie et l’avenir prospère qu’il connaîtrait par la suite. En effet, il était devenu très influent et dirigeait l’entreprise high-tech la plus puissante du pays. Après avoir tant accompli, désormais vieux et souffrant, il tenait à revoir son bienfaiteur une dernière fois pour le remercier et lui faire ses adieux. Mais il s’agissait en réalité d’un traquenard : en secret, il avait toujours convoité l’étrange faculté de son ami. Il avait fini par nourrir l’ambitieux projet de se l’approprier par tous les moyens, y compris par la force. Le vieillard n’avait donc aucune intention de mourir et de laisser à d’autres le fruit de ses efforts, pas même à sa petite-fille chérie, qu’il avait pourtant désignée comme unique héritière dans un testament supposé.
De prime abord, le livre biblique de l’Ecclésiaste n’est pas un livre très rassurant. Il semble même déprimant, surtout pour ceux qui nourrissent des projets ambitieux et poursuivent de grandes réalisations. Pourtant sa vocation n’est pas de leur faire entrave mais de nous amener à nous questionner sur le sens, le but de la vie et la valeur de tout ce que nous entreprenons. Il est tout à fait naturel et compréhensible d’aspirer à une existence heureuse, de nourrir des projets qui contribueront à cela, et d’œuvrer pour obtenir l’objet de nos aspirations : par exemple avoir un bon travail, fonder une famille, bâtir une maison ou un empire, préparer sa retraite et l’avenir des enfants, faire le tour du monde et profiter des joies de la vie pourquoi pas ? Ce serait là, pour la plupart, une vie heureuse et aboutie. Le problème c’est que nous ne voulons pas mourir en la poursuivant. Nous ne le voulons toujours pas même après l’avoir obtenue. Bien que tout ait un début et une fin, nous y compris ; bien que nous soyons des êtres finis, nous ne voulons pas de fin, fût-ce même une happy end. « J’ai vu à quelle occupation Dieu soumet les fils de l’homme… Il a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin. » (Ecclésiaste 3.10-11). Même lorsque nous nous persuadons que ce que nous avons entrepris l’a été pour d’excellentes raisons, nous sentons que face à la mort, tout cela n’aura plus aucune importance pour nous.
C’est pourquoi nous devons reconsidérer la réussite et la calibrer d’après la vision de Dieu. Car qui peut mieux en parler que l’Éternel, Créateur et Souverain de l’univers, seul détenteur de l’immortalité ? Qui peut mieux que lui en fixer les bases ? En déterminer la portée ? En créant les mers (Genèse 1.10), il leur a dit : « Tu viendras jusqu’ici, tu n’iras pas au-delà ; Ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots ? » (Job 38.11). Nos projets ambitieux, nos plans de vie, de carrière, nos grandes réalisations, lorsqu’ils ne tiennent pas compte de Dieu, sont un peu comme ces flots orgueilleux que Dieu fait échouer sur le sombre rivage de la mort, aux portes de l’éternité. Nous pouvons dès lors comprendre le leitmotiv de l’Ecclésiaste, la justesse de sa fameuse répétition : vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent (Ecclésiaste 1.2, 14). Mais Dieu nous aime et ne veut pas que nous nous en tenions à ce constat, aussi juste soit-il. Comme tout ce qui se trouve dans la Bible, le but est de nous assagir en nous menant tout droit vers la clé de voûte du vrai succès, son Fils, Jésus qui a dit : « celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » (Jean 4.14). Une source d’eau vive qui jaillira jusque dans l’éternité ! Nous avons donc en Jésus-Christ quelque chose d’infiniment précieux, que nous emporterons avec nous, qui surpassera tout ce que nous aurons laissé et que la mort n’annulera pas. Dieu ne nous empêche pas de construire, de bâtir, d’acquérir ou de réaliser des choses. Mais à ses yeux, tout cela est bien peu – voire rien du tout – pour parler de véritable succès. Il devrait en être de même pour nous.
Ne pars pas du succès vers Dieu sans te préparer à le rencontrer. Pars de Dieu vers le succès qui te ramènera toujours à Lui, pour l’éternité.
Sois abondamment béni(e) !
Vendredi, 29 août 2025 — Freddy S.

