« Heureux l’homme… qui trouve son plaisir dans la loi de l’Éternel, Et qui la médite jour et nuit !… Tout ce qu’il fait lui réussit. »
Psaumes 1.1-3
Réussir ou mourir en essayant (V)
S’il y a un personnage qui depuis trois jours nous est familier c’est Joseph, non l’époux de Marie, mais le fils de Jacob (Israël), arrière-petit-fils du patriarche Abraham. Pour certains croyants, il est une icône connue de l’élévation et de l’ascension sociale pour avoir été catapulté d’esclave et prisonnier à la position de premier ministre d’Égypte. Son « succès story » quand il n’était qu’un simple intendant investi de la confiance d’un haut fonctionnaire, Potiphar, du moins cette partie de son histoire, n’est pas la plus citée. Nous aspirons naturellement à ce qui est élevé, extérieur et frappe le regard. En cela, nous sommes différents de Dieu qui a fait dire par Paul : « Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » (Romains 12.16). Lui-même a dit : « L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au cœur. » (1 Samuel 16.7)
Et avant d’ériger Joseph au rang de personnalité la plus importante après Pharaon, c’est à son cœur que Dieu précisément a regardé. Qu’a-t-il vu ? Les dispositions d’un homme qui ne songeait certainement plus à la postérité pour lui-même. Pour ceux qui ne le savent pas, des années auparavant, ce brave jeune homme était un rêveur. Et il rêvait grand. Dans l’un de ses rêves, dit-il, « le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. » (Genèse 37.9). Bien que ce rêve s’accomplira effectivement, Joseph a dû passer par l’humiliation de l’esclavage. Curieusement, sa beauté morale et sa grandeur d’âme n’ont jamais autant brillé qu’à cette période difficile de son existence.
Le commun des mortels dirait que les rêves de Joseph s’étaient échoués en Égypte, qu’ils étaient morts et enterrés dans sa condition d’esclave, incompatible avec la notion de succès. Réussir ce serait être servi et non servir. Pas pour Dieu et heureusement ça ne l’était pas non plus pour Joseph. Remarquons que Dieu n’a pas eu besoin de changer sa condition pour le faire prospérer. Il lui a accordé un succès fulgurant alors qu’il était non à son compte mais au service de quelqu’un d’autre, un étranger, un païen, un idolâtre, un esclavagiste. Les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres. Il ne néglige aucune des situations dans lesquelles il nous place comme nous le ferions. Il n’attend pas que les choses aillent beaucoup mieux pour nous, pour nous utiliser et nous bénir. Parce que le succès, selon lui, c’est de nous rendre riches pour lui et non pour nous-mêmes (Luc 12.21), d’accomplir les bonnes œuvres qu’Il a préparées d’avance pour que nous les pratiquions (Éphésiens 2.10), servir les autres (Jean 13.13-17 ; Éphésiens 6.5-7), à l’exemple de Joseph et de notre Seigneur Jésus Lui-même. Sachons que Dieu peut aisément nous faire changer de condition, de statut, de position, de situation mais sommes-nous toujours prêts à servir ses intérêts et ceux des autres ? Avec la transition qui s’est opérée dans sa vie, Joseph n’avait pas changé d’état d’esprit. Il ne s’était pas perdu en chemin. Le succès ne lui était jamais monté à la tête car il en connaissait la vraie nature. Esclave et méprisé qu’il était, il s’appliqua davantage à servir son maître quand tout lui réussissait. Il ne se relâcha ni n’envia. Une fois affranchi et élevé aux yeux de tous, il a continué à servir Pharaon, les populations égyptiennes et sa famille retrouvée, en les sauvant tous d’une famine mortelle. À ses frères que ses rêves avaient autrefois rendus jaloux et haineux, au point de le vendre comme esclave à des marchands itinérants qui le revendirent à Potiphar, il dit : « Soyez sans crainte ; car suis-je à la place de Dieu ? Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux. Soyez donc sans crainte ; je vous entretiendrai, vous et vos enfants. Et il les consola, en parlant à leur cœur. » (Genèse 50.19-21).
Pour quelles raisons veux-tu réussir ? Si celles-ci se résument à toi uniquement, à ta seule et unique satisfaction, alors tu connaîtras peut-être une certaine forme de succès mais ce sera sans Dieu et à la fin, à quoi cela te servira-t-il ? Cela vaudra-t-il vraiment le coup si en définitive nous devons tous comparaître devant Dieu pour rendre des comptes ? Si en revanche tu aspires à une vie accomplie sous la bénédiction et la direction de Dieu, pour sa gloire et pour le bien des autres avant le tien, tu as frappé à la bonne porte. Dieu qui est fidèle et plein de ressources veillera à ce que tu ne le regrettes pas.
Sois abondamment béni(e) !
Dimanche, 24 août 2025 — Freddy S.

