« Il ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira comment cela arrivera ? »

Ecclésiaste 8.7

« Aujourd’hui c’est ton année…tu connaîtras la prospérité et l’élévation ; tu réussiras dans tes entreprises ! » Il n’est pas rare d’entendre de telles paroles de bénédiction pour inciter à la foi en Dieu, et honnêtement il y a de quoi stimuler car, après tout, la réussite procure beaucoup de bien. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons pour habitude de nous adresser des vœux de santé, de bonheur et de succès en début d’année ou à des occasions spéciales de célébration. C’est dire combien nous aspirons naturellement au bien-être à travers un accomplissement : un mariage heureux, des enfants, un bon travail, un compte en banque garni, des affaires prospères, des vacances de rêve, l’acquisition d’une propriété, etc. Il n’y a pas de mal à cela, de prime abord. Mais si telle est notre définition de la réussite de toute une vie, alors là nous sommes en porte à faux avec le Seigneur lorsqu’il dit : « Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? Ou, que donnerait un homme en échange de son âme ? » (Matthieu 16.26). Ainsi on peut tout avoir sauf ce qui est essentiel, vital et déterminant pour l’éternité. Jésus nous fait nous interroger sur le véritable sens de la réussite. Il nous raconte au passage l’histoire d’un homme que la mort a surpris et fauché sur le chemin de la réussite. Nous trouvons cette histoire dans Luc 12.16-21. 

Il s’agit d’un riche propriétaire terrien et exploitant agricole qui avait tout pour réussir. Son activité connaissait une belle expansion. Son chiffre d’affaires était explosif, le bilan plus que positif. Les récoltes étaient plus abondantes que jamais, au point où construire de plus grands magasins de stockage s’avérait nécessaire. Il avait d’ailleurs de bien meilleurs plans que cela : détruire les infrastructures en place pour bâtir de plus grands, à la hauteur de son nouveau patrimoine. Son plan de retraite était assuré. Il l’avait résumé ainsi : « je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. » (Luc 12.19). Il avait malheureusement oublié un détail, son âme ne lui appartenait pas, et avec elle tout ce qu’il avait amassé. Il n’en était pas le véritable maître. Et quand l’heure des comptes a sonné pour Dieu, – le légitime propriétaire-, la fin de cet homme fut tragique. La nuit même où il fit son plan de vie pour les années à venir, son âme lui a été redemandée. Voilà une personne qui voulait réussir mais qui est morte en essayant d’y arriver. Elle n’avait pas cherché la réussite au bon endroit. Aussi, le Seigneur conclut-il cette triste histoire de la sorte : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche pour Dieu. » (Luc 12.21). 

Le problème n’est pas le fait d’amasser des trésors ou d’être riche, mais quelle en est la fin, le but, le destinataire ultimes ? Si c’est uniquement notre seule réussite personnelle que nous avons en vue quand nous nous lançons dans tel projet ou telle entreprise, nous échouerons fatalement. L’échec ici ne signifie pas que nous n’aurons pas atteint plus ou moins nos objectifs mais qu’après coup nous nous rendrons compte que ça n’en valait pas tant que ça la peine. Il se peut que nos réalisations, nos accomplissements, l’achèvement des œuvres de toute une vie ne résiste ni à l’épreuve du temps ni à celle de l’éternité. « S’il y a beaucoup de choses, il y a beaucoup de vanités : quel avantage en revient-il à l’homme ? Car qui sait ce qui est bon pour l’homme dans la vie, pendant le nombre des jours de sa vie de vanité, qu’il passe comme une ombre ? Et qui peut dire à l’homme ce qui sera après lui sous le soleil ?  … il ne sait point ce qui arrivera, et qui lui dira comment cela arrivera ? » (Ecclésiaste 6.11-12 ; 8.7 ). Faut-il ne rien tenter, ne rien oser, ni rien entreprendre ? La sagesse de Dieu ne nous paralyse aucunement. Elle nous conseille néanmoins de faire le bon ordre de priorités et de reconsidérer nos critères de réussite. « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. Ne sois point sage à tes propres yeux, crains l’Éternel, et détourne-toi du mal » (Proverbes 35-7). Le succès selon le Seigneur se révèle avant tout spirituel et moral. Il n’est envisageable que si nous investissons dans l’éternité en confiant au Seigneur ce que nous avons de plus précieux : le sort de nos âmes. 

Sois abondamment béni(e) !

Lundi, 18 août 2025 — Freddy S.

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