« Mais le fruit de l’Esprit, c’est … la patience… »
Galates 5.22
Elle coûte chère, cette bonne vieille patience [II]
Représentons-nous un instant un monde où les hommes seraient tous aussi patients entre eux que Dieu ne l’est à leur égard. On n’entendrait plus de conducteurs râler dans les embouteillages interminables. Chacun resterait à sa place, dans le calme. Il n’y aurait plus besoin d’agents, de feux tricolores, ni de caméras de surveillance à tous les coins de rue pour réguler la circulation. Sur nos claviers, dans nos bureaux, on prendrait le temps de réfléchir avant de rédiger la moindre communication. On chercherait la meilleure manière de s’exprimer. On se donnerait les moyens – et le temps – de corriger, d’affiner, de peaufiner son travail pour tendre vers l’excellence. Il y aurait moins de gestes ou de mots précipités, moins de maladresses numériques aux conséquences fâcheuses.
Dans les familles, les foyers, les maisons, on se comprendrait mieux. L’écoute attentive favoriserait des échanges constructifs, et les remarques deviendraient moins blessantes. On ferait un pas vers l’autre, en le laissant aller au bout de l’expression de sa pensée. Le temps deviendrait un allié pour aider l’autre à grandir là où il ou elle accuse une faiblesse ou un défaut de caractère. On n’envenimerait plus les situations par une intransigeance égoïste ou une intolérance impulsive. Tel est l’effet prodigieux que peut avoir la patience dans les rapports humains à partir d’un cœur transformé par Dieu. Elle contribuerait puissamment à rendre le monde parfait si les hommes en étaient pleinement habités. « Il faut que la patience accomplisse parfaitement son œuvre, afin que vous soyez parfaits et accomplis, sans faillir en rien. » (Jacques 1.4).
La patience s’avère aussi précieuse et bénéfique que la joie et la paix. Il est plus doux, plus utile, plus heureux, plus sage d’attendre, d’écouter, de patienter – bien plus que nous ne pourrions l’imaginer. La patience est salutaire pour nous. Et nous l’apprenons de Celui-là même qui en est l’incarnation parfaite. Songeons à la lenteur de sa colère face à la rébellion persistante et à l’incrédulité d’un peuple qu’Il avait pourtant choisi, délivré, et secouru à maintes reprises : Israël. Dieu a souvent multiplié ses appels à la repentance, patiemment, avec insistance, malgré le peu de fruits. « J’ai averti vos pères depuis le jour où je les ai fait monter du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, les avertissant chaque matin, disant : Écoutez ma voix ! » (Jérémie 33.7). « Mais au sujet d’Israël, il dit : J’ai tendu mes mains tout le jour vers un peuple rebelle et contredisant. » (Romains 10.21). « Et pendant près de quarante ans, il les supporta dans le désert. » (Actes 13.18). Son long support envers son peuple s’est étendu sur des siècles. Et encore aujourd’hui, ses desseins d’amour, de bonheur et de restauration pour Israël demeurent. « Car je connais les projets que j’ai formés sur vous, dit l’Éternel, projets de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir et de l’espérance. » (Jérémie 29.11).
Songeons également à la patience de Dieu envers les croyants eux-mêmes, dans les récits bibliques. Alors même qu’ « Il ne tient pas le coupable pour innocent » (Exode 33.7) et que ses « yeux sont trop purs pour voir le mal », Il a supporté l’offense jusqu’à l’avènement de « l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » (Jean 1.29). C’est en vue de la rédemption au demeurant et non du jugement qu’Il s’est montré autant patient. « C’est dans sa patience que Dieu, au temps de sa tolérance, a laissé impunis les péchés commis auparavant » (Romains 3.25). Enfin réalisons à quel point cette patience nous a été salutaire jusqu’à présent. « Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut… » (2 Pierre 3.15). « Ou méprises-tu les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité, ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te pousse à la repentance ? » (Romains 2.4)
Si Dieu, Lui qui est saint, nous accorde du temps pour nous réconcilier avec Lui, pour revenir à Lui et réformer nos voies… s’Il est prompt à remettre nos dettes, à nous accorder le pardon… s’Il est lent à punir l’offense et à condamner sans appel… alors n’est-il pas juste – et sage – que nous apprenions de Lui à faire preuve, nous aussi, de patience envers tous ? À Pierre, qui pensait porter la patience à son comble en la limitant à sept fois, « Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » (Matthieu 18.21-22).
Oui, il nous est naturellement impossible de manifester une telle patience. Mais Dieu ne nous exige rien qu’il ne puisse nous rendre capables de produire. Il peut nous transformer et nous rendre patients bien au-delà de nos limites naturelles. Songeons à ce que la patience lui a coûté, et pour quel but. Acceptons alors notre besoin d’être nous aussi patients, et puisons dans son amour la force d’endurer, de supporter chez les autres ce qu’Il a supporté de nous. « La charité est patiente » (1 Corinthiens 13.4).
Sois abondamment béni(e) !
Lundi, 28 juillet 2025 — Freddy S.

