« Mais le fruit de l’Esprit, c’est … la patience… »

Galates 5.22

« Oups, j’ai malencontreusement écrit un mot et envoyé un message qu’il ne fallait pas, dans mon empressement à taper… La dernière fois, c’étaient des fichiers audio et vidéo gênants. »

« J’ai soumis un peu trop hâtivement mon travail à l’appréciation de mon supérieur. Il est truffé de fautes, et je ne m’en rends compte que maintenant, après coup. »

« Cela fait des minutes que je suis coincé dans ce bouchon… Et quand enfin la circulation se débloque un peu, j’ai ce conducteur agaçant devant moi qui prend tout son temps ! S’il n’y avait pas ces agents de circulation, j’aurais déjà tenté un dépassement. “Monsieur, avancez ! Où est-ce que vous avez eu votre permis de conduire ?” »

« J’ai une urgence demain dans la ville voisine, mais il faut que je m’y rende dès aujourd’hui, au plus tôt possible. Chauffeur, mets les pleins gaz. Roule vite ! »« J’en ai assez ! Tu ne m’écoutes pas. C’est déjà la deuxième fois. Je ne vais pas supporter ça plus longtemps. Ça suffit ! »

« Laisse-moi finir mon propos. Ne me coupe pas la parole ! Pourquoi faut-il toujours que ce soit toi qui parles ? Laisse aussi les autres s’exprimer ! » 

Et l’on pourrait multiplier ce genre de situations qui mettent à rude épreuve la patience humaine – ou plutôt, qui révèlent notre impatience naturelle. Et lorsque celle-ci pointe le bout de son nez, c’est souvent la catastrophe assurée : mauvaise presse, scandale viral, malaise général, blâme au travail, accident de circulation, malentendus, querelles, ruptures… pour ne citer que cela.

Il faut en général une contrariété, une gêne, un désagrément, une souffrance, une difficulté, une attente pour qu’intervienne la patience.  Nous le savons tous : c’est ce mot qui est utilisé pour désigner celui ou celle qui consulte le médecin au sujet d’un mal physique ou mental enduré, dans l’espoir d’un soulagement, d’une guérison. Ce que nous savons encore moins c’est que le patient, puisqu’il s’agit de lui, doit son appellation au latin patior (latin) devenu patiens qui signifie « celui qui endure » ou « celui qui souffre ». Il va sans dire que personne n’aime naturellement être patient, pas plus qu’on apprécie d’être malade, souffrant ou tenu longtemps en suspens, en haleine. Il faut endurer, attendre pour être patient. 

L’une des fois où la Bible nous parle de la patience, c’est pour en faire le fruit d’une œuvre divine dans le cœur humain. Elle n’est donc pas une qualité d’origine naturelle. Elle est spirituelle, produite par Dieu Lui-même. « Mais le fruit de l’Esprit, c’est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance. » (Galates 5.22). Généralement, lorsque l’Évangile est annoncé et qu’une conversion commence à germer, les bienfaits les plus immédiatement mis en avant sont la paix et la joie.

Celles-ci sont perçues comme plus désirables parce qu’on les associe aisément au bien-être, à l’apaisement, à la sérénité. Il nous semble que la notion de souffrance en est éloignée et qu’elles sont plus gratifiantes en termes d’émotions. La patience, elle, semble plus austère. On la lie spontanément à l’endurance face à l’épreuve, à l’effort de se contenir ou d’attendre. Et puisque la souffrance nous rebute, nous la reléguons souvent au second plan. Mais c’est mal connaître les réalités de Dieu dont la perspective est radicalement différente de la nôtre, si ce n’est totalement. « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit l’Éternel. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » (Ésaïe 55.8-9). Dieu ne nous accorderait pas la paix, la joie et la patience dans le Christ s’il ne s’agissait que de simples émotions fugaces, que nous pouvons déjà ressentir dans une certaine mesure et sous certaines conditions réunies. Ce sont des grâces surnaturelles, durables, profondes. Elles ne dépendent pas de circonstances favorables, et elles ne se contredisent pas entre elles. La paix et la joie d’origine divine ne présupposent  pas l’absence de souffrance et la patience n’exclut pas une expérience intérieure heureuse. Bien au contraire. Nous touchons ici à des réalités qui dépassent l’intelligence humaine et ne peuvent s’expliquer autrement que par une relation vivante et une communion constante avec Dieu, par la foi en Jésus, dont l’Esprit seul peut nous faire vivre l’expérience concrète.

Sois abondamment béni(e) !

Dimanche, 27 juillet 2025 — Freddy S.

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