« L’Esprit du Seigneur, l’Éternel, est sur moi ; car l’Éternel m’a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance »

Ésaïe 61.1

Nous sommes un jour de sabbat, un samedi, dans la synagogue de Nazareth, ce lieu de rassemblement religieux et de culte pour les Juifs. Jésus, qui a grandi dans cette ville, est désormais un jeune homme. Comme à son habitude, il prend part au culte. Celui-ci commence généralement par la lecture d’un texte sacré, suivie probablement d’une prédication, d’un commentaire ou d’une exhortation, à l’image de nos méditations d’aujourd’hui. Cette fois, c’est Jésus qui se lève pour être le lecteur et l’orateur du jour. On lui remet alors un rouleau : c’est le livre du prophète Ésaïe. Notre texte de référence est précisément celui sur lequel Jésus arrête son choix. Et l’assemblée, sans doute, est curieuse de savoir ce que cet humble fils de charpentier va en dire. Ce qu’il dira à la suite de la lecture fera sensation. Personne ne s’y attend. Le texte est bien connu : il évoque un temps messianique à venir. Il alimente une espérance encore vive mais inassouvie – celle du Messie, du Sauveur envoyé par Dieu comme un héros, pour proclamer la délivrance, étancher la soif de liberté de ce peuple opprimé, briser le joug de la domination romaine, et apporter guérison et bonheur à tous ceux qui souffrent. 

Pourtant, ce que Jésus va dire va laisser tout le monde pantois. Mais avant même qu’il ne prenne la parole, notons déjà une attitude pour le moins déconcertante : juste après la lecture, Il roule le livre, le remet au serviteur chargé des écrits sacrés… puis retourne s’asseoir tranquillement, sans prononcer un mot. Il avait déjà capté l’attention de toute l’assemblée – suspendue à ses lèvres -, mais là, un cap vient d’être franchi. Le suspense est intense. Tous les regards sont désormais rivés sur lui. Il doit dire quelque chose. Et il parle enfin. Que dit-Il ? « Aujourd’hui cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, est accomplie. » (Luc 4.21). Si cette seule phrase d’introduction suffit déjà à provoquer l’effarement, la suite de son propos suscitera bientôt l’indignation, voire la fureur de l’audience – pour cela, il faut lire Luc 4.22-30.

Mais pour l’instant, arrêtons-nous sur cette déclaration inaugurale, pour souligner un détail essentiel : sans aucun doute, Jésus prouvera par la suite qu’Il est bel et bien l’homme providentiel, le héros divin annoncé par la prophétie d’Ésaïe.

Cependant, Jésus a délibérément omis une partie de ce qu’Il devait accomplir en tant qu’Oint de l’Éternel – Christ, en grec. En effet, dans la seconde partie du verset 2 d’Ésaïe 61, il est aussi écrit qu’Il a été envoyé « pour publier un jour de vengeance de notre Dieu ». Or comme l’explique Actes 17.30–31 « Dieu… a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l’homme qu’il a désigné, ce dont il a donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts. » Oui le temps viendra où Jésus apparaîtra sous un jour spectaculaire pour instaurer à l’échelle universelle la justice et la paix, au-delà de tous les scénarios de film de super-héros que nous pouvons imaginer et concevoir. Jésus qui savait que ce jour correspondait à sa seconde venue n’en parla pas à dessein ce sabbat-là. En effet, Il était d’abord venu «publier une année de grâce de Dieu » (Ésaïe 61.2). Mais après son ascension à la droite de son Père, Il nous a laissé à travers Jean, dans l’Apocalypse, un aperçu saisissant de son retour glorieux et triomphal. Ce retour marquera la victoire définitive du bien sur le mal. 

Sois abondamment béni(e) !

Mercredi, 09 juillet 2025 — Freddy S.

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