« … Homme de douleur et habitué à la souffrance, …»

Ésaïe 53. 3

J’ai accroché aux différentes bandes annonces du nouveau film Superman de cette année. J’ignore ce que cela va donner au box-office, si ce sera à succès ou non, et franchement ce n’est pas si important que ça. Ce n’est que du divertissement et tout n’est pas à prendre. Il faut toujours prendre avec des pincettes le produit de l’industrie humaine, incluant dans l’univers cinématographique avec la moralité parfois douteuse de certaines scènes, des messages à peine dissimulés ou encore l’imagination parfois débridée qui se cache derrière certaines productions. 

A titre personnel, je me suis toutefois demandé ce que ces bandes-annonces avaient “d’accrocheurs”. Le réalisateur a eu de la suite dans les idées, il m’a semblé. Dans les deux premières bandes annonces, le super héros le plus iconique de mon enfance est présenté sous un jour nouveau, différent de celui que la plupart des amateurs de cinéma et de ce film en particulier ont connu. Ce n’est pas l’homme d’acier qui s’affiche à l’écran, mais un homme faible, qui encaisse coup sur coup. Il se fait littéralement rétamer du début à la fin. Il saigne, il est menotté, emprisonné et torturé. Il y a bien quelques éclats de puissance, mais beaucoup, comme moi, ont surtout remarqué l’étrange et déconcertante vulnérabilité de ce personnage, pourtant connu pour sa force surhumaine. A tel point que c’est devenu un sujet à polémique. 

Pour ma part, j’ai apprécié cette nouvelle perspective.

Paul Washer a dit : « Il n’y a jamais eu qu’un seul Héros », en parlant de Jésus. Je souscris entièrement à cette déclaration. Mais reconnaissons-le : qui n’a jamais rêvé de voir un jour de puissantes apparitions du Sauveur, comme dans les films ? Peut-on réellement blâmer les Juifs d’avoir attendu un Messie politique, fort et conquérant, qui viendrait les délivrer de l’oppresseur, tel un nouveau Samson ? N’est-ce pas notre propre souhait que de voir un jour supprimées toutes les circonstances malheureuses de l’existence : la mort, la guerre, l’injustice, la méchanceté… ? Pourtant, il y a un bémol à ces vœux pieux. Naturellement, nous ne faisons pas partie de la solution, mais du problème. « Il n’y a point de juste, pas même un seul » (Romains 3 :10). Souhaiter voir Jésus agir en justicier, c’est souvent penser contre nous-mêmes. Nous avons causé des conflits, parfois même sans y être directement impliqués. Nous avons déjà été aigris, nous avons déjà haï. Si nous avions tous la puissance militaire et la garantie de l’immunité, certains enverraient volontiers des missiles sur la maison du voisin – simplement pour un regard de travers. Et cela, c’est quand nous sommes encore « gentils », avec un peu de conscience. « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : qui peut le connaître ? » (Jérémie 17.9)

Quand Jean a vu Jésus ressuscité et dans sa gloire, il ne put soutenir la vision de sa majesté. « Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort. Il posa sur moi sa main droite, en disant : « Ne crains point ! Je suis le premier et le dernier. » (Apocalypse 1.17) Le prophète Ésaïe, dénonçant les iniquités de son peuple, proclamait : « Malheur à la nation pécheresse, au peuple chargé d’iniquités, à la race des méchants, aux enfants corrompus ! […] Quels châtiments nouveaux vous infliger, quand vous multipliez vos révoltes ? La tête entière est malade, et tout le cœur est souffrant. » (Ésaïe 1.4-5). Mais lui-même, face à l’éclat de la sainteté, de la pureté et de la splendeur divines, a tremblé pour son propre sort. Il s’est écrié : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Éternel des armées. » (Ésaïe 6.5). 

Nous pouvons encore maladroitement nous justifier ou jouer les victimes dans nos rapports avec les hommes, mais face à Dieu… qui oserait ? « Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3.23). L’offense la plus grave n’est pas celle commise contre les hommes, mais celle dirigée contre Dieu. Il aurait été tellement plus simple pour Lui de se débarrasser de ces créatures de poussière, rebelles, offensantes, corrompant sans cesse sa création. Et qui parmi les anges s’y serait opposé ? Au contraire, un tel jugement aurait été acclamé même par la nature ! Mais Dieu ne s’est pas révélé en Héros par un bras vengeur. Sa main est certes puissante, et son bras étendu (Exode 6.6), mais pour sauver. Il est à notre avantage que notre Héros, Jésus-Christ, se soit montré dans sa faiblesse plutôt que dans toute sa force : car cette force nous aurait écrasés.

Sois abondamment béni(e) !

À suivre…

Mercredi, 02 juillet 2025 — Freddy S.

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