« Je fais grâce à qui je fais grâce, et miséricorde à qui je fais miséricorde. »

Exode 33.19

  • Bonjour, comment vas-tu ?
  • Bonjour, Dieu fait grâce !

C’est une charmante réponse, un peu comme lorsqu’on dit trivialement dans mon pays : « Je suis là », pour signifier qu’il n’y a pas de mauvaise nouvelle compromettant particulièrement notre bien-être, que nous maintenons le statu quo sans nous plaindre, que la situation est plus ou moins sous contrôle, que nous sommes relativement stables. Soit dit en passant, « Dieu fait grâce » ne répond pas réellement à la question de savoir comment nous allons. Cette réponse va bien plus loin. Ceux qui utilisent cette expression, s’ils sont croyants, ont sans doute raison de résumer chaque moment de leur vie et de leur quotidien par la grâce. « Puisque c’est l’Éternel qui renouvelle en nous la vie et la force » (Actes 17.28).

Le seul hic, c’est qu’à force d’employer une expression comme une formule, on finit par la vider de sa substance, surtout lorsqu’elle est utilisée de manière superficielle. Il est déjà louable de répondre sans fioritures à la question « Comment vas-tu ? », si tant est que notre interlocuteur s’y intéresse réellement. Ensuite, il peut être opportun d’évoquer la grâce dans la foulée, si l’on souhaite, rendre ainsi gloire à Dieu pour le fait d’être en vie et d’en être là où nous sommes, au moment même de la réponse. « Rendez grâces en toutes choses, car c’est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ. » (1 Thessaloniciens 5.18). Enfin pensons-y vraiment quand nous le disons : Dieu fait grâce !!!

Ces trois mots ne devraient pas simplement être glissés furtivement dans une salutation. Ils méritent une place à part entière et une saveur particulière dans notre propos. Ils doivent être amplifiés, développés, proclamés, car ils résument bien plus que des vies enrichies par la grâce : ils condensent, à eux seuls, la bonne nouvelle du salut, de la faveur et de la bénédiction gratuites de Dieu. La première fois que nous les lisons c’est en Exode 33. 

Alors que Dieu, par l’intermédiaire de Moïse, conduisait le peuple d’Israël vers la Terre Promise, celui-ci se rebella une fois de plus, au point que Dieu menaça de ne plus l’accompagner personnellement jusqu’à destination. Moïse fit alors preuve d’une remarquable intercession : il plaida en faveur de son peuple coupable, suppliant Dieu de maintenir sa présence active et continuelle malgré l’offense. Dieu acquiesça à sa requête. Pourtant, Il ne lui dit pas : “Je le fais pour toi parce que tu le mérites, parce que tu en es digne.” Moïse, lui-même, n’avait pas une si haute opinion de sa personne. Ce qu’il sollicitait, c’était l’assurance d’avoir trouvé grâce aux yeux de Dieu. Et Dieu lui répondit : « Je ferai ce que tu me demandes, car tu as trouvé grâce à mes yeux, et je te connais par ton nom. » (Exode 33.17). Moïse avait déjà bénéficié de la grâce de Dieu, et il allait encore en recevoir. Aussi louables que fussent son attitude et son intercession, il savait qu’il n’avait nullement gagné par ses vertus la position privilégiée que Dieu lui accordait.

Et nous, pensons-nous que Dieu nous est redevable ? Sommes-nous sincères lorsque nous disons : “Dieu fait grâce” ? Quelle réalité cette expression recouvre-t-elle vraiment pour nous ? Est-ce une platitude ou croyons-nous vraiment que la grâce est le maître-mot d’une relation heureuse avec Dieu, le motif pour lequel Il nous garde en vie, couvre notre existence sur terre des richesses de sa bonté, se montre patient envers nous, ne voulant qu’aucun homme ne périsse mais qu’il parvienne (que nous parvenions) à la repentance et au salut ? Quoiqu’il en soit, croyons le dès à présent.

Sois abondamment béni(e) !

(À suivre…)

Samedi, 21 juin 2025 — Freddy S.

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