« Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence. »
Job 38.4
Questions étranges (II)
Quiconque s’entend dire qu’il n’est rien ne peut que s’en offusquer. Cela voudrait dire qu’il ne compte pas, qu’il n’a aucune valeur, qu’il passe complètement inaperçu, qu’il est minable et insignifiant, qu’on ne devrait pas faire cas de sa personne, qu’il est de loin inférieur et ce sur tous les plans. Dans ce sens, c’est très vexant. Mais parfois sans qu’on nous le dise, on peut avoir le sentiment naturel de n’être rien. Il suffit par exemple que nous soyons plongés dans une marée humaine, que nous soyons au pied d’une imposante montagne, que nous entendions gronder l’orage dans un vacarme assourdissant, que nous nous écorchions la peau par le plus banal des accidents, qu’une maladie nous vide de nos forces, que nous assistions à une oraison funèbre, pour avoir ce sentiment. Ce sentiment est l’écho d’une réalité bien plus assommante : avant notre venue dans le monde, nous n’étions littéralement rien.
Nous nous prenons souvent pour le centre d’un monde, d’un univers qui pourtant n’a pas commencé avec nous. Notre petite personne nous semble parfois si importante que nous avons du mal à imaginer le monde et la vie avant nous, ou sans nous. Et pourtant, des millénaires se sont écoulés avant notre naissance. La terre n’a pas eu besoin de nous pour tourner autour du soleil. Ses fondations n’ont pas été posées pour notre seul bénéfice. Nous ne sommes que des vies parmi les milliards dont elle grouille. Nous ne sommes pas aussi exceptionnels, aussi intelligents, aussi éminents que nous aimerions le croire. Les causes que nous défendons ne sont pas les plus justes qu’il soit. Nos souffrances ne sont pas les plus horribles qu’il soit. Nous ne pouvons pas saisir ce qui était dès le commencement. « Il (L’Éternel) a mis dans leur cœur la pensée de l’éternité, bien que l’homme ne puisse pas saisir l’œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu’à la fin » (Ecclésiaste 3.11). Essayons d’imaginer ce que cela a dû être, la vie sur terre depuis son origine sans nous ! Quel exercice déroutant et affolant n’est-ce pas ? C’est ce que Dieu a poussé Job à faire. « Où étais-tu quand je fondais la terre ? Dis-le, si tu as de l’intelligence. » (Job 38.4).
Bonne chance à tous ceux et celles qui veulent débattre avec Dieu sur des questions personnelles qu’ils croient tellement spéciales qu’ils s’imaginent que Dieu est à leur niveau et leur doit une réponse. Où étions nous quand Il créait la terre, quand Il en a suspendu le globe dans le néant ? Où étions-nous avant de lever le poing contre Lui, avant de contester avec Lui ? Notons au passage que pour vraiment évaluer un quotient intellectuel, Dieu fixe la barre très haute. Répondre à cette toute première question de son test, c’est avoir un quotient intellectuel à peine au-dessus de la moyenne. Autant dire avec Romains 3.11, que « nul n’est intelligent ». C’est humiliant de le savoir tout comme ça l’est de reconnaître qu’aussi brillants ou évolués que nous aimons nous croire, nous n’avons pas inventé l’eau chaude, que la terre ne gravite pas autour de nous et qu’il y a des années nous n’avions même pas la taille d’une bactérie. Heureusement, Dieu n’humilie pas par pur plaisir. Cela nous est nécessaire si nous voulons parvenir à une vraie intelligence, celle qu’on trouve dans l’humilité et la connaissance du Seigneur. « Ainsi parle l’Éternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse. Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l’Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; car c’est à cela que je prends plaisir, dit l’Éternel. » (Jérémie 9.23-24)
L’intelligence comme l’univers ne sont pas nés avec nous. Toi et moi devons admettre le gouffre qui existe entre créer et être créé. C’est le même gouffre qui existe entre Dieu et nous. Prenons la place qui est la nôtre. Nous nous en porterons mieux. Véritablement nous ne sommes RIEN. Dieu est ABSOLU. Cependant, non seulement Il ne nous traite pas comme des moins que rien, mais encore Il a tout donné pour nous. Il a mis une passerelle entre Lui et nous. Être intelligent c’est le savoir et l’accepter.
Sois abondamment béni(e) !
Jeudi, 22 mai 2025 — Freddy S.

