« Alors Pilate lui dit : N’entends-tu pas de combien de choses ils t’accusent ? Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur. »

Matthieu 27.13-14

Comment réagissons-nous lorsqu’on donne de nous des informations qui sont inexactes, lorsqu’il y a erreur sur la personne, méprise sur les traits de notre personnalité, sur les détails de notre vie, sur nos faits et gestes, sur nos propos, nos actions ou nos intentions ? Si ces informations sont dévalorisantes, nous ressentirons plus qu’un pincement de cœur. Il est particulièrement irritant et affligeant d’être incompris et méconnu. Nous n’avons qu’une seule envie à ce moment-là : nous défendre, répondre, nous justifier, prouver notre valeur, redorer notre blason, rehausser notre image. Si c’est notre niveau économique et notre statut social qui sont sous-estimés, alors, nous faisons étalage de nos possessions et de notre position. Si nous sommes taxés de chiffes molles, nous nous employons à afficher une image forte et impressionnante de nous. Si un bruit de couloir érode notre réputation, nous cherchons un podium ou une plateforme pour nous faire entendre. Nous nous répandons en explications surabondantes. Nous nous perdons en justifications superflus. Pire, nous nous laissons entraîner à des exagérations, des affabulations, voire des mensonges de prestige. Nous le faisons pour si peu. On n’est bien loin d’un péril en la demeure, de questions de vie ou de mort ou d’une nécessité absolue. Nous sommes juste blessés dans notre amour-propre et nous croyons devoir blanchir notre image même avec de l’eau de vaisselle pourquoi pas ? 

Maintenant arrêtons-nous un moment sur Jésus. Lorsqu’il est sur le point d’être arrêté par une foule nombreuse armés d’épées et de bâtons sur ordre des chefs religieux, Pierre, son apôtre estime devoir le défendre en tranchant l’oreille d’un des assaillants. Non seulement Jésus ne le suit pas dans sa lancée mais Il le réprimande et soigne miraculeusement le blessé en faisant observer à Pierre un fait : « Remets ton épée à sa place ; car tous ceux qui prendront l’épée périront par l’épée. Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges ? » (Matthieu 26.52-53). Il est le maître et le Seigneur de tout ce qui existe. Il le prouve d’ailleurs à ce moment-là même. C’est Jean qui en parle de la façon suivante : « Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança, et leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Jésus leur dit : C’est moi. Et Judas, qui le livrait, était avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. » (Jean 18.4-6). Quelle puissance ! Quelle majesté ! Il n’est pas devant une foule de fans qui s’évanouissent à la vue de leurs idoles. Il est face à des ennemis jurés qui veulent le faire mourir et les voilà subjugués et à terre. Pourtant, Il va se livrer sans opposer la moindre résistance physique. Il ne demandera même pas les motifs de son arrestation et les chefs d’accusation contre lui. Il ne demandera pas à s’expliquer. Sans chercher à l’être, il sera tout aussi impressionnant face à Pilate. À l’avalanche des griefs soulevés contre Lui, Il répondra par le silence au point d’ébahir le gouverneur romain devant lequel il avait été injustement traîné et mis en procès. Aucun mot pour sa défense. Seulement une précision qui souligne à quel point Il était résolu à se laisser faire ;  celle-là même qu’Il avait faite plus tôt lors de son arrestation : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs combattraient pour que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant mon royaume n’est pas d’ici. » (Jean 18.36). 

Pourquoi Jésus n’a-t-il pas tenté une démonstration de force ? Pourquoi n’a-t-il pas tenté de faire taire ses accusateurs par un long plaidoyer en faveur de son innocence ou par des arguments d’autorité ? S’il l’avait fait, « comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi ? » (Matthieu 26.54). Ces Écritures révèlent parfaitement la volonté de Dieu qui était d’envoyer le Messie donner sa vie en rançon pour le salut des hommes. Jésus s’est livré en obéissance à Dieu, son Père, pour faire sa volonté. Pour cela, « il s’est dépouillé lui-même…il s’est humilié lui-même, en obéissant jusqu’à la mort ». « Bien qu’étant en forme de Dieu, (Il) n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal à Dieu ». (Philippiens 2.6-8). « Il a supporté la croix, méprisant l’ignominie ». (Hébreux 12.2). S’Il n’avait nullement besoin de se défendre, c’est parce qu’Il savait qui Il était vraiment : Il connaissait sa valeur infinie auprès de Dieu, à qui Il voulait plaire plus que tout, au point de se sacrifier pour nous selon la volonté de son Père. Il y a certainement une grande leçon pour nous (à suivre). 

Sois abondamment béni(e) !

Samedi, 17 mai 2025 — Freddy S.

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