« Naomi dit à Ruth : “Tu vois, ta belle-sœur est retournée vers son peuple et vers ses dieux ; retourne chez toi comme elle !” »

Ruth 1.15

Vous avez peut-être déjà entendu parler de Naomi, cette israélite qui fuyant la famine dans son pays, aux côtés de son mari, avait émigré vers une autre contrée, Moab, où ce dernier est décédé, laissant deux garçons. Ces derniers ont ensuite épousé les habitantes du pays. Malheureusement, quelques années après, ils vont suivre leur père dans la tombe. Naomi est au comble du malheur. Elle venait à Moab pour y trouver du pain et échapper à la famine. Elle y a laissé sa famille. « Machlon et Kiljon (ses deux fils) moururent aussi tous les deux, et Naomi resta privée de ses deux fils et de son mari. » (Ruth 1.5). Seule une veuve et une femme privée de ses enfants peut ressentir ce que Naomi a ressenti. Dans sa souffrance, une nouvelle lui parvint : la période de vaches maigres en Israël est finie. Naomi ne pensa qu’à une seule chose : retourner dans son pays d’où elle n’aurait peut-être pas dû partir. « J’étais dans l’abondance à mon départ, et l’Éternel me ramène les mains vides. » dit – elle, pleine de regrets et d’amertume, d’où le nom « Mara » qu’elle s’est donnée. (Ruth 1.21). 

Si vous connaissez son histoire, vous êtes sans doute familier avec le nom d’une autre femme, Ruth, l’une des belles filles de Naomi. D’ailleurs le livre qui raconte l’histoire, porte son nom. Elle en est l’héroïne et les raisons sont évidentes à la lecture intégrale du livre. Mais notons ici une en particulier, son indéfectible attachement à sa belle-mère, un attachement qui bravait tous les clivages de l’époque. Naomi était une israélite monothéiste, vénérant le seul vrai Dieu Yahvé. Ruth était issue du peuple païen, polythéiste et idolâtre. Cerise sur le gâteau : Ruth s’est attachée à sa belle-mère au point de la suivre en Israël et de quitter son pays, sa parenté et sa religion, en dépit des protestations de Naomi pour l’en dissuader. « Ruth répondit : Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras j’irai, où tu demeureras je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu ; » (Ruth 1.16). On ne pourrait pas rêver mieux comme bru. Ruth est si remarquable qu’elle fait de l’ombre à sa coépouse. Qui se souvient de Orpa ? 

Pourtant, elle aussi avait été frappée par le veuvage, tout comme Ruth et sa belle-mère Naomi. Comme elles, le mariage ne lui avait pas donné de descendance. Elle s’était aussi attachée à Naomi, au point de vouloir la suivre. « Elle (Naomi) sortit du lieu qu’elle habitait, accompagnée de ses deux belles-filles, et elle se mit en route pour retourner dans le pays de Juda. » (Ruth 1.7). On peut bien imaginer qu’avec Ruth, elle avait fait ses valises à cet effet et qu’elle n’aurait pas fait le moindre pas hors de son pays si elle n’avait pas de l’estime pour sa belle-mère. À la première tentative de Naomi de la dissuader de l’accompagner, elle est restée ferme au demeurant : elle n’a pas fait machine arrière. Ensemble avec Ruth, elle a  répondu : « Non, nous irons avec toi vers ton peuple. » (Ruth 1.10). Mais pourquoi l’histoire ne retiendra que Ruth ? Parce que Ruth a persévéré là où Orpa a abandonné. Les objections de Naomi ont finalement ébranlé sa détermination. En fin de compte, elle n’était pas aussi attachée à sa belle-mère qu’on aurait pu le croire. Elle était restée attachée à son pays et à ses dieux. (A suivre)

Sois béni(e) abondamment !

Mercredi, 30 avril 2025 — Freddy S.

Retour en haut