« Maintenant, nous voyons au travers d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; maintenant je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. »

1 Corinthiens 13.12

Il y’a quelques mois, Aleister Begg, un pasteur réformé contemporain respecté de ses pairs, a suscité la controverse pour avoir allégué qu’il honorerait l’invitation à un mariage gay dans le but de témoigner de l’amour de Dieu aux mariés. Longtemps avant lui, Martin Luther, en tête d’affiche des figures de proue de la réforme protestante, a écrit un pamphlet intitulé « Contre les bandes pillardes et meurtrières des paysans » où il appelait les princes à réprimer durement la violente révolte de ces derniers, allant jusqu’à dire qu’il fallait « les tuer comme on tue un chien enragé ». Ces positions certes très critiquables, nous interpellent toutefois quant à l’opinion que nous devons avoir des nôtres en général. Paul David Washer, missionnaire américain, a dit un jour lors d’une interview : «  je reste ouvert à la critique par des hommes pieux. Mais laissez-moi vous dire ceci. Je veux que les choses soient claires. Beaucoup de choses ont été dites sur moi sur internet. Vous pouvez peut-être appeler ça de la persécution. Quand Jésus a été persécuté, quand les gens disaient des mauvaises choses sur Jésus, ils avaient toujours tort. Quand les gens me critiquent, ils n’ont pas toujours tort. Nous sommes des hommes. Nous sommes faibles. Nous sommes faillibles. Je veux seulement que les gens sachent que quand quelqu’un dit quelque chose sur moi qui n’est pas très positif, il peut avoir raison. Je veux qu’ils sachent que je sais qu’ils peuvent avoir raison. » 

Il n’est pas dans notre nature de penser contre nous-mêmes. Quand nous entamons une discussion, nous avons d’emblée raison. C’est par politesse que nous laissons les autres finir leurs phrases si nous y arrivons. Nos messages ont généralement une fonction expressive plutôt qu’impressive. Se faire entendre est notre but, peu importe ce que peut en dire ou penser notre interlocuteur. En cela aussi, nous sommes à l’opposé de notre Seigneur dont la parole exprimait la pensée de Dieu tout en visant le cœur de ses auditeurs. Avoir raison ne l’obsédait pas et Il laissait ses adversaires le contredire. Pourtant, Il avait toujours raison. Ce qui est loin d’être notre cas. L’ apôtre Paul, même avec tout son grand savoir, admettait ses propres limites, insuffisances et faiblesses. Il ne pensait pas tout savoir. Il avait fait le choix de la simplicité et de la dépendance envers la puissance de Dieu dans sa prédication de l’Evangile et la dispensation de ses enseignements. « Moi-même j’étais auprès de vous dans un état de faiblesse, de crainte, et de grand tremblement ; et ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. » (1 Corinthiens 2.3-5). Chose impensable : Pour un homme qui n’avait pas le moindre doute quant au salut par la foi en Jésus mort pour nos péchés et ressuscité, il n’a pas craint d’aborder les implications d’une foi trompée, naïve et erronée. « S’il n’y a point de résurrection des morts, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, et votre foi aussi est vaine…vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. » 1 (Corinthiens 15.13-14,17-19 ). 

Encore une fois, Paul ne doutait pas un instant de la résurrection du Christ. À la suite des propos suscités, il a affirmé « Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. » (1 Corinthiens 15.13-14,20). Cependant il nous montre qu’une parfaite assurance n’est ni un fanatisme intransigeant ni une arrogance ou un orgueil intellectuel. Elle accepte d’être rejetée, attaquée et contredite, voire persécutée. Elle procède de Jésus Lui-même dont la force des arguments a toujours brillé et subjugué, sans la moindre fierté, les arguments de force contre lui. Il savait qu’Il avait toujours raison mais Il ne cherchait pas à avoir le dernier mot de la discussion. Il savait que rarement les hommes discutent de manière dépassionnée. Les raisonnements, les réflexions, les opinions sont liées à des dispositions intérieures, à une attitude du « cœur ». Bien qu’Il parlait avec assurance, Il n’a jamais cédé à l’orgueil ni à l’irritation face à la contradiction et à la controverse parce que ce qu’Il disait et l’autorité pour le dire Lui venaient de Son Père céleste. « Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j’entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. » (Jean 5.30). « Car je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. » (Jean 12.49). Voilà une de ces raisons majeures pour lesquelles Il était le Fils unique de Dieu, l’Homme parfait. À nous qui ne Lui arrivons pas à la cheville, – qui comme le disait Jean-Baptiste, ne sommes pas dignes, en nous baissant, de délier la courroie de ses sandales (Marc 1.7), – Paul dit de ne pas avoir une haute opinion de nous-mêmes (Romains 1.8) et d’éviter des discussions vaines d’où sortent seuls vainqueurs l’orgueil, les querelles, l’intolérance et l’arrogance (2 Timothée 2.23). 

Sois béni(e) abondamment !

Lundi, 21 avril 2025 — Freddy S.

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